‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 144 sur 636 · LIV. I. CH. II. CHASTILLON ARRIVE ET DÉCIDE LE SUCCÈS · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. II. CHASTILLON ARRIVE ET DÉCIDE LE SUCCÈS

Galaty avait rétabli le combat, et enrayé la: victoire de Mayenne : Chastillon la décida pour le roi. C'était l’un de ces lieutenants qui savent s'associer à la pensée et aux besoins de leur général, et marcher au canon. Le matin, il avait recu du roi l'avis de se tenir prêt à le seconder. Dès qu’il se fut assuré que le combat se prolongeait, il prit ses mesures en conséquence. Îl pourvut soi eneusement à la défense du Polet et de Dieppe, pendant sa courte absence, en leur laissant six mille trois cents hommes de troupes régulières, de garde bourgeoise de Dieppe, de milice des Poltais, sous le commandement de Guitry. Il se mit à la tête d’un corps d’élite de six ou sept cents arquebusiers français, traversa Dieppe, parcourut rapidement la chaussée d’Arques, la chaussée d’Archelles, le principal retranchement, et arriva Jusqu'au roi au moment où le grand effort de l’armée de la Ligue venait d’être soutenu et repoussé, mais où Mayenne se disposait à renouveler le combat, en logeant son artillerie sur le retranchement de la Maladrerie ‘. Chastillon relevant sur son passage le mot échappé à Henri quelque temps auparavant, lui cria en arrivant : « Courage, sire, » nous voici pour mourir avec vous! » Ayant recu du rol, pour grossir ses troupes fraiches, l'infanterie du maréchal de Biron, et les huit compagnies bourgeoises et salariées de Dieppe, 1l marcha droit à la Maladrerie, que les ennemis avaient gagnée, l’attaqua, la força, tua

— Sully, Œcon. roy., ce. 28, p. 73 B. — Discours au vrai, p. 21. — Lettre d'un gentilhomme ou Narration sur la journée d’Arques, p. 149. Ce dernier témoin est le plus explicite sur 12 nombre des batteries que le roi avait fait dresser et sur l'effet de cette artillerie. « Le duc de » Mayenne se voyant endommagé du canon qui tiroit tant dudit re- » tranchement que du chasteau d’Arques et d'une montagne voisine, etc. » — Mémoires chron. pour servir à l'hist. de Dieppe, t. 1, p. 280.

1 Rosny, Lettre à Corbinelli, p. 49. «Encores que les ennemis eus- » sent résolu de garder ladite tranchée perdue qu'ils avoient gagnée » par la trahison des lansquenets et d’y loger leur artillerie. »

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