‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 143 sur 636 · GALATY ET LE CANON D'ARQUES RÉTABLISSENT LE COMBAT · texte numérisé non relu

GALATY ET LE CANON D'ARQUES RÉTABLISSENT LE COMBAT

reprirent haleine de leur côté et exécutèrent des charges heureuses. Une partie de la cavalerie ligueuse chercha alors un passage moins disputé vers le principal retranchement; elle se détourna à droite et s’engagea dans la vallée d’Arques; mais elle y trouva les marais, où les uns se noyèrent, les autres restèrent embourbés jusqu'aux sangles. En même temps, le brouillard qui obscurcissait l'air depuis le matin s'étant dissipé, l'artillerie royale put agir, et ouvrit le feu contre les ennemis. Trois batteries, dominant toutes trois le champ du combat, avaient été établies, la première de huit canons au sommet de la courtine du principal retranchement, la seconde sur le plateau de la colline voisine du château d’Arques, la troisième dans le château lui-même, admirablement servie par les canonniers bourgeois de Dieppe. Mayenne se trouva entre deux feux : celui du principal retranchement le foudroyait en tête, ceux d’Arques de côté. Ces derniers lui firent éprouver les pertes les plus sensibles : chaque boulet enfilait les rangs de l’armée ligueuse qui lui présentait le flane, et Jetait bas vingt-cinq ou trente hommes. Mayenne convaincu que plus il avancerait plus il éprouverait de pertes, donna le signal d’une retraite qui ruinait tous ses desseins. Il se replia jusqu’à la ligne de la Maladrerie ou tranchée perdue, résolu à la garder et à la défendre, mais ne conservant plus déjà que la plus faible partie du camp du roi, hors d’état d’emporter le reste et de détrune l’armée ennemie. Les historiens militaires qui ont pris part à l’action, reportent l'honneur du principe de ce grand changement au colonel des Suisses, et l’un d’eux lui a rendu ce témoignage : « Ce se- » roit faire tort à Galaty si l’on ne luy donnoit la gloire » d’avoir, par sa valeur et par une action sans peur, » sauvé le roy et l’Estat !. »

1 D'Angoulesme, Mém., p. 80. — Rosny, Lettre à Corbinelli, p. 49.

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