CONDUITE ET SOINS DU ROI APRES LE SUCCES
corps des Suisses de son armée appartenaient à la religion catholique. Il s’approcha d’eux et leur dit : « Nous croyons tous en un même Dieu : chacun de nous espère la gloire éternelle par les mérites d’un même Jésus-Christ. Nous tenons deux divers chemins pour. y aller : allons donc le remercier de la victoire qu'il nous a donnée ; priez-le à votre mode, je l’irai prier à la mienne ; je vous prie, ne vous scandalisez point de moi, je ne me scandaliserai pas de vous. » ! |
Le roi séjourna trois jours entiers au camp de la Maladrerie, surveillant attentivement les démarches de Mayenne, et prêt à repousser ses attaques si elles se renouvelaient. Libre de tout combat par l’inaction des Ligueurs, 11 s’occupa activement de remédier à sa propre pénurie ; d’approvisionner son armée, sans épuiser les Dieppois et ses autres partisans en Normandie ; de réduire l'ennemi aux extrémités dont il sortait lui-même ; de mettre ainsi de son côté l’aliment et le nerf de la guerre. Déjà précédemment 1l avait accru ses ressources, et diminué celles de Mayenne, en s’appropriant ce qui était préparé pour lui : le 13 et le 20 septembre, il avait fait enlever par Aussebonne et par le capitaine Fournier deux convois de munitions et de bestiaux destinés à l’armée de la Ligue. Dans les trois jours qui suivirent le combat d’Arques, il envoya des partis battre la campagne, et Lacroix, l’un de ses capitaines, prit vingt charrettes attelées chacune de quatre chevaux, qui apportaient à Mayenne quarante tonneaux de poudre et trois cent boulets pour canons et coulevrines. En même temps, le roi commenca à tirer de. ses alliés au dehors ce que ne lui donniaient pas ses captures à la guerre. Le 23, 1l fit une excursion à Dieppe pour aller recevoir le premier secours que lui envoyait l’Angleterre, et que lui amenaient sur
! D’Angoulesme, p. 81 À. — Rosny, Lettre à Corbinelli, p. 52,