LIV. 1. CH. III. MAYENNE RÉSOUT DE SE PORTER A GAUCHE DE LA
treize vaisseaux lord Stafford et un gentilhomme français nommé Bossy : c’étaient 200,000 livres en argent, 70 milliers de poudre, 3,000 boulets, des blés, biscuits, vins et bierre, des draps et jusqu'à des souliers, qu'il ramena dans son camp, et distribua à ses soldats. t
Parmi tous ces soins, il tenait les yeux ouverts sur l'attitude et les desseins de Mäyenne. Le duc était revenu à l’idée d’assiéger Dieppe, en attaquant la ville, non plus du côté du Polet où il avait trouvé une si vive résistance, mais du côté du château et de la citadelle. Son plan était de battre à la fois la place avec son artillerie, et de l’affamer, de réduire en peu de temps la population aux dernières extrémités, et de l’amener à capituler. Sa grande expérience et son bonheur précédent dans la conduite des siéges lui donnaient l'espoir du succès. En conséquence, le dimanche 24, à minuit, il abandonna ses quartiers de Martin-Église, et mit son armée en marche pour en aller prendre de nouveaux, de l’autre côté de la. vallée d’Arques. Henri, instruit par ses coureurs de ce mouvement, et sur ce mouvement jugeant des projets de son ennemi, disposa tout sur-le-champ pour repousser les nouvelles attaques dont la partie occidentale de sa position se trouvait menacée, et pour soutenir un siége après avoir dé— fendu un camp. Il retira son armée du camp d’Arques ou de la Maladrerie. Il la fit passer par le bourg d’Arques, et laissa pour la défense du château, outre les deux compagnies bourgeoises de Dieppe, cinq cents Suisses et un régiment francais, sous le commandement de La Garde, mestre de camp d’un courage et d’une habileté éprouvés. [l emmena tout le reste avec lui à Dieppe, et l’établit dans les faubourgs voisins de la citadelle et du chàteau. En joignant ces troupes à la milice bourgeoise et aux, compagnies salariées de Dieppe, il mit la ville dans
“ D'Angoulesme, t. xI, p. 75 À, 78 À, 81 B.