POSITION DU ROI: MOYENS DE DÉFENSE QUE HENRI LUI OPPOSE
un état de défense formidable. En ménageant à ses soldats des logements sûrs et commodes, il leur donna moyen de se refaire promptement de ar fatigues. Après avoir satisfait à ces premières nécessités, 1l travailla de nouveau et plus activement à miner son ennemi, à le ruiner en détail. Il brüla, dans le voisinage de Dicpne, les villages qui pouvaient lui servir de quartiers. Il envoya des partis dans la campagne, et des ordres aux gouverneürs des villes qui l'avaient reconnu, pour arrêter et saisir les envois faits à l’armée de la Ligue. Durollet, gouverneur du Pont-de-l'Arche, défit près de Rouen un grand convoi de soixante chariots qui apportaient au camp de Mayenne des munitions, une prodigieuse quantité d’habillements, et 32,000 paires de chaussures pour l'infanterie et la cavalerie : 1l fit conduire sûrement et tenir le tout à l’armée du roi. Henri fit commencer en même temps les travaux nécessaires pour ajouter aux moyens de résistance de Dieppe, protéger ses troupes et faciliter leurs mouvements offensifs !, Ainsi d’une part, 1l Ôta à son ennemi et se donna à lui-même tout ce qui fait pour moitié au moins le bon ou le mauvais succès d’un siége, les munitions, le logement, les vivres, les habille ments des soldats, D'un autre côté, il lui opposa des forces, des batteries, des retranchements, capables de déjouer tous ses efforts. C’était à la fois une guerre de chicane et une guerre de génie militaire.
Mayenne, en quittant ses campements de Martin-
1 Discours au vrai, p. 25. — Lettre de Rosny à Corbinelli, p. 50. — D'’Angoulesme, p. 82 A. — P. Matthieu, 1. 1, p. 16. — D’Angoulesme, p. 82, indique le 23 septembre comme date du décampement de Mayenne; mais p. 81 il dit : « Qu’après la journée d’Arques, qui » est du 21, le duc de Mayenne séjourna quatre jours dans ces quar- » tiers sans vouloir rien entreprendre. » Cette dernière assertion modifie la première. Les autres contemporains fixent au 24 septembre le départ de Mayenne de Martin-Eglise. +