‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 153 sur 636 · CONTRE DIEPPE : ELLES ÉCHOUENT TOUTES DEUX · texte numérisé non relu

CONTRE DIEPPE : ELLES ÉCHOUENT TOUTES DEUX

maréchal de Biron, ayant sous leurs ordres Guitry pour les détails de l’exécution, se mirent à la tête de ces forces. L'attaque dut avoir lieu d’après un ordre de combattre inaccoutumé, et avec l’emploi nouveau d’une arme an- cienne. Îl fut convenu que la mêlée une fois engagée les escadrons se dédoubleraient et s’ouvriraient tout à coup; que quatre canons dont ils étaient suivis feraient ‘feu sur l'ennemi; qu'après cette décharge ils se refermeraient ; que la même manœuvre se renouvellerait pendant toute la durée du combat. Les artilleurs bourgeois de Dieppe servirent les pièces, et dirigèrent le feu avec la même habileté qu’ils avaient déployée au château d’Arques. La manœuvre eut un plein succès. Les troupes royales, après avoir abordé l’ennemi, exécutèrent ponctuellement ce qui avait été résolu : six décharges successives firent de larges trouées dans les rangs des Ligueurs, qui ne tardèrent pas à fuir épouvantés et en désordre jusqu’au village de Janval. C’est le premier emploi de l'artillerie légère dans les armées européennes. Le canonnier normand Charles Brise en fut l'inventeur, Guitry le promoteur, Henri et Biron les applicateurs. Biron exprima vivement l’impression produite alors par cet usage nouveau fait de l’artillerie. Comme on ramenait les pièces, 1l dit au roi : «Sire, » aviez-vous jamais vu mener du canon à l’escarmou- » che? » Les résultats de ce nouvel avantage furent considérables. Le poste que les Ligueurs avaient momentanément occupé resta au roi, et le gros des forces de Mayenne fut tenu plus que jamais à distance de Dieppe.

1 D’Angoulesme, t. xt, p. 83. — La Force, Mém., L. 1, c. 8, 'p. 992, 93. — Manuscrit n° 1, p. 44. — Davila, L. X, t. 11, p. 513, 514. — Mémoires chron., t. 1, p. 285. — Lettres missiv., t. 11, p. 56. Le roi dans sa lettre à Poyanne du 7 octobre, résume et juge en ces mots les opérations de siége contre Dieppe essayées par Mayenne : « Geste » forme nouvelle d’assiéger les places de n’en approcher pas d'un » grand quart de lieue. »

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