LIV. 1, CH. III. UN CORPS D'ÉCOSSAIS, PUIS L'ARMÉE FRANÇAISE
Cependant l’armée si peu nombreuse de Henri était menacée de fatigue et d’épuisement, par la continuité des hostilités, et même des avantages qu’elle avait rempor— tés. Il était grandement temps. que les secours qui s'é— taient fait trop attendre du côté des étrangers, puisque le roi aurait pu être écrasé à la Journée du 21 ; qui s'étaient fait scandaleusement attendre du côté des nationaux, puisqu'ils ne vinrent qu'après ceux de l’étranger, que ces secours tant différés arrivassent. Enfin ils arrivèrent. Le jour même où les Ligueurs étaient refoulés jusque dans leur camp, un corps de 1260 Ecossais, conduit par le sieur d’Ovins, ancien serviteur du roi, débarqua dans le port de Dieppe (30 septembre). Le faubourg voisin de Bouteille lui fut assigné pour quartier. D’Ovins, après avoir reconnu le poste de Bouteille, dont les Ligueurs, nous l’avons vu, s'étaient saisis, supplia le roi de lui en permettre l'attaque. Sa demande lui fut accordée, et Henri fit soutenir les Ecossais par le régiment de Navarre et par un corps de cavalerie. L'attaque eut un plein succès : tout ce qu’iky avait de troupes ligueuses dans Bouteille fut enlevé ou taillé en pièces, et tout le bagage pris . Bouteille étant recouvré, Arques et Dieppe conservés, Henri se trouvait maitre de toute la ligne occidentale de sa position, et les tentatives de Mayenne au néant.
Le due, plein de honte et de chagrin, se creusait l’esprit à chercher le point vulnérable de son adversaire, et les moyens d’une revanche, quand les nouvelles apportées à son camp lui apprirent qu’elle lui était interdite. |
1 D'Angoulesme, p. 83, 84.— Lettre du roi du 1° octobre dans les Lett. missiv., t. 111, p. 53 : « Quinze cents Escossais qui sont dès hier » icy. » Ou Te roi, inexactement informé dans le premier moment, portait un peu trop haut le nombre des Ecossais, ou bien le texte original de sa lettre, au lieu de quinze cents, porte treize cents, ce qui se rapprocherait infiniment de Ja vérité.