CHAPITRE IV
Fin de la première campagne du roi. Attaque des faubourgs de Paris : Conquêtes sur la Lique dans les provinces centrales et dans la Normandie. Henri reconnu par plusieurs puissances étrangères. Nouvelles adhésions à sa royauté dans les provinces , dans la noblesse, dans le haut clergé (1er novembre 1589- fin janvier 1590).
Le roi propose en vain la paix à Mayenne. — I] regagne et retient le maréchal de Biron, — Il dirige ses denx armées sur Paris, et enlève cinq faubourgs l'épée à la main; mais il ne peut s'emparer de la ville, Sanglantes représailles exercées par les Réformés contre les habitants : leurs conséquences. Henri divise ses forces en quatre Corps, — Etat des provinces du centre: grand effort fait par les Ligueurs dans ces provinces et excès commis par eux, durant la guerre d’Arques. — Henri, à la tête de la première division de son armée, entre dans les provinces du centre. Dans l’Orléanais, il réduit Etampes, Janville, Châteaudun, Vendôme, — Dans la Touraine, il est reconnu par le Parlement royal de Tours, et délivre cette ville des incursions des Ligueurs. — Dans le Maine, il assiége et prend le Mans, et soumet toutes les villes excepté une. — Le voisinage du roi et de son armée décide la soumission de plusieurs villes et forteresses : dans l’Anjou, — Henri rentre en Normandie, soumet onze places, et ne laisse à la Ligue dans cette province qu’Avranches, Rouen, le Hâvre, et quelques villes secondaires. — Résultats généraux de la première campagne du roi, sous le rapport militaire, — Îl est reconnu par la Confédération suisse et par les Vénitiens. — Conduite de Henri dans ses rapports avec les populations au point de vue politique et religieux. Les habitants des campagnes, la plus grande partie de la noblesse restée neutre ou déclarée précédemment pour la Ligue, dans les provinces qu’il a parcourues, embrassent sa cause, — Sa royauté est reconnue dans les provinces plus éloignées de Bretagne, Berry, Bourbonnais, Marche, Limosin, Dauphiné, — Conduite du Parlement de Grenoble. — La royauté de Henri reconnue dans une partie de la Provence, et plus explicitement en Languedoc. — Le parti royal établi dans toutes les provinees excepté trois. — Le roi reconnu par la presque totalité du haut clergé catholique. — Conduite de la Ligue envers l’épiscopat et l’ordre ecclésiastique. Leneie dans le clergé entre
le parti du roiet ia Ligue.
La victoire d'Arques et de Dieppe n’enivra point Henri, et il n’en voulut faire qu’un moyen d’accord et de pacification. C’est un trait de son caractère comme homme et comme prince ; c’est la marque éclatante de la mission qu'il se donnait. Il fit dire à Mayenne, par Belin qu'il mit en liberté sur sa parole : « Qu'il lui deman- » doit la paix, et qu’il en avoit telle envie que sans avoir » égard n1 à sa dignité, n1 à sa victoire, il le recherchoit,