IL REGAGNE ET RETIENT LE MARÉCHAL DE BIRON
» non pour crainte qu'il eùt de Lui, mais par la pitié des » misères de son royaume. » L'ambition du due qui était loin de renoncer à ses projets de souveraineté, repoussa par des faux-fuyants les propositions qu’on lui adressait !,
Cette négociation rompue, Henri se porta sur-le-champ à d’autres affaires : la plus grave était le mécontentement du maréchal de Biron. Biron, dès le camp de Saint-Cloud, s’était prêté, 1l ne s’était pas donné, et il était disposé à s'éloigner, au gré de son intérêt et de ses passions. Bien que comblé lui-même des éloges du roi, de vive voix et par écrit, il supportait impatiemment les louanges que Henri donnait à Chastillon pour son intervention décisive à la journée d’Arques ?. Il disait amèrement qu'il n'avait qu’à se retirer, puisque le roi méprisait les vieux et ne faisait état que des jeunes. Pour le détourner de cette funeste résolution, le rot obtint de Chastillon qu'il se lais— sât mépriser en apparence. Un jour donc que le maréchal était dans son antichambre, et sur le point d'entrer, 1l haussa la voix et dit : « Monsieur de Chastillon, vous ne » savez ce que c’est qu'un grand attaquement. Les oisons » veulent mener paitre les oies. Quand vous aurez la » barbe blanche, vous en connaïîtrez quelque chose ; mais » à cette heure je ne trouve pas bon que vous en parliez » si hardiment : cela n’est bon qu’à mon père que voici. » Il faut que nous allions tous à son école. » Biron désarmé, ordonna à l’un de ses gentilshommes d’aller arrèter promptement son bagage qu’il avait ordonné de faire sortir du camp #. À sa suite, seraient partis la moitié
1 Villeroy, Apol. et Disc., t. x1 de la Collection Michaud, p. 144, 145. — P. Matthieu, L 1, p. 17.
2 Le maréchal était cité avec les plus grands éloges dans le- Discours au vrai que le roi avait fait rédiger dans son camp par l’un des officiers-généraux, et qu'il.avait fait répandre dans toutes les provinces du royaume.
PMatthien, Ep. 46,17: