LIV. I. CH. IV. HENRI EMPORTE CINQ DES FAUBOURGS DE PARIS
peut-être des catholiques de l’armée, et sa défection, après celle de d'Epernon, aurait compromis l'existence de la cause pour laquelle il combattait la veille. Il resta; mais on n’en voit pas moins poindre dès lors dans l’intérieur du parti royal la lutte des hauts seigneurs contre la royauté, leur opposition aux progrès de la fortune et de l’autorité de-Henri.
Le roi ayant par son habileté de conduite, conjuré pour le moment ce danger, revint aussitôt aux exigences de la situation et de sa victoire. Depuis la jonction de ses deux armées, il se trouvait maître de forces considérables pour le temps. Il n’avait en tête qu’une armée battue, humiliée, diminuée de moitié, contrainte de plus de se retirer au bout de la France, pour être à portée des renforts que Mayenne demandait aux Espagnols, et qu'il attendait des Pays-Bas. La carrière était ouverte devant le roi. Il pouvait à son choix se jeter sur les provinces de l’ouest et du centre, dans lesquelles la Ligue occupait les grandes villes et des portions considérables de territoire, ou bien attaquer Paris pendant l'éloignement de Mayenne. Il se décida pour ce dernier parti. En conséquence, après avoir séjourné quelques jours encore à Dieppe, pour pourvoir aux affaires de la Normandie ; après avoir laissé dans cette province, pour protéger les royaux, le duc de Montpensier gouverneur, et les forces amenées précédemment par ce prince, 1l partit Le 21 octobre, et dirigea ses deux armées sur Paris !.
L'entreprise, selon les circonstances, devait terminer la guerre, en lui livrant la capitale du royaume et le siége de la Ligue, ou bien se réduire à un hardi coup de main, et à une occasion de ramasser du butin pour faire vivre ses troupes. [l gagna trois marches sur Mayenne , et le 1% novembre , 1l parut sous les murs des Parisiens, qui
1 Discours au vrai, p. 30. — P. Matthieu, L. 1, p. 17.