HENRI DIVISE SES FORCES EN QUATRE CORPS
bienfaits de son autorité ; pour subjuguer la plus grande étendue possible de territoire, et conquérir des recettes en même temps que des sujets. Mais afin de ne pas perdre d’un côté ce qu’il gagnerait de l’autre, 1l renvoya avec leurs troupes Longueville et La Noue en Picardie, Givry dans l'Ile de France et la Brie, et peu après le maréchal d’Aumont dans la Champagne et la Bourgogne. Pendant la guerre d’Arques, et tandis que Mayenne combattait et occupait les forces royales en Normandie, ses lieutenants avaient fait un grand effort en sa faveur dans les gouvernements du milieu de la France. Conformément à un plan arrêté d'avance entre le due et La Chastre, ils devaient tout tenter pour accabler le parti de Henri dans l’Orléanais, le Maine, la Touraine, pour se rendre complétement maitres de ces provinces ; et s’ils ne pouvaient y parvenir, pour se saisir au moins d’un certain nombre de villes sur les bords de la Loire et du Loir, pour rétablir les communications de la Ligue entre la France du midi et la France du nord, et renverser le dessein si habilement conçu par le roi. Les chefs ligueurs tendirent activement à ce but durant les mois de septembre et d'octobre. Au commencement de septembre, ils ourdirent une conspiration pour s'emparer de Tours. Le complot fut formé à Vendôme par un certain Duvergier, ancien lieutenant-général de Tours, et par le capucin Robert Chessé, dont les fougueuses prédications tenaient le peuple de Vendôme en état de surexcitation religieuse et de révolte contre le roi. Chessé mit en campagne les moines de son ordre qui étaient nombreux à Tours. Duvergier revenu dans cette ville recruta des complices parmi les gens sans aveu, les uns ruinés, les autres indigents et avides, en leur promettant le partage des biens des royaux réfugiés à Tours. Ils convinrent, suivant la grande maxime et la pratique ordinaire du parti,