LIL.I.CH.IV. CONSPIRATION DES LIGUEURS A TOURS : LEURS EFFORTS
qu’ils commenceraient par répandre le bruit que les hérétiques étaient venus pour piller la ville. Qu’à ce signal les conjurés prendraient les armes : qu’ils feraient main basse sur le Conseil du roi, sur les magistrats composant le Parlement royal de Tours et la Cour des comptes, sur les cardinaux de Vendôme et de Lenoncourt, sur le gouverneur de la province Souvré. Qu’ensuite, 1ls introduiraient La Châtre et La Guierche, lesquels devaient leur amener des troupes à un certain Jour arrêté d'avance. Qu’avec ce secours, ils se rendraient maîtres de la ville, et la réduiraient à l’obéissance de la Sainte-Union et de Mayenne. La perte de Tours eût entrainé celle de la province ; l’extermination du Conseil d'état, des chefs de la magistrature et du clergé, qui soutenaient la cause de Henri, aurait frappé son parti d’un coup dont il se serait difficilement relevé. La conspiration fut découverte par un gentilhomme que les auteurs du complot avaient essayé de gagner à leur dessein. Les meneurs saisis et convaincus furent envoyés au gibet, et la ville maintenue et confirmée dans l’obéissance de Henri. Ce coup manqué, les chefs ligueurs essayèrent par la force ce qu'ils n’avaient pu obtenir par la ruse. Ils parurent en armes dans l’Orléanais, le Maine, l’Anjou, la Touraine, prirent Etampes et Château-du-Loir, occupèrent un moment La Flèche, se saisirent de Montrichard, à quelques lieues de Tours, avec le dessein d’intercepter les approvisionnements destinés à cette ville, et de l’affamer n'ayant pu la surprendre. Ils établirent un centre d’opérations et de gouvernement à Châteaugontier, qu'ils érigèrent en capitale ligueuse de l’Anjou, et mirent Angers en état de blocus, par les garnisons qu'ils distribuèrent à Château gontier, Sablé, Segré, Craon, dont ils étaient maîtres, Ces entreprises avaient exigé des mouvements de troupes ligueuses, et comme les chefs permettaient tout à leurs sol-