‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 170 sur 636 · PRISE DU MANS , CONQUÊTES DANS LE MAINE. RÉDUCTIONS EN ANJOU · texte numérisé non relu

PRISE DU MANS , CONQUÊTES DANS LE MAINE. RÉDUCTIONS EN ANJOU

la cause nationale. Henri affranchit Tours du voisinage de Montrichard, comme il avait affranchi Dieppe de celui de Neufchâtel. La sévère menace qu’il adressa aux soldats ligueurs occupant Montrichard, suffit pour leur faire déposer les armes, délivrer Tours de leurs incursions, assurer ses subsistances et son commerce. En quittant cette ville, il entra dans le Maine. Château-du-Loir, qu'il traversa, s'était déjà rendu à lui après la prise de Vendôme. Il assiégea le Mans, capitale du haut Maine, où 1l trouva une garnison étrangère, et cent cinquante gentilshommes que le crédit de Mayenne, tout puissant dans la province dont il portait le nom, avait engagés dans la révolte. La place, lâchement défendue par Bois-Dauphin, ecapitula le 2 décembre. Henri s’abstint d'y entrer pour en tenir le soldat éloigné, la sauva ainsi du pillage, et reçut, avec les bénédictions des habitants, les sincères assurances de leur obéissance et de leur fidélité pour l'avenir. La réduction du Mans entraîna celle de Beaumont, de Silly, de Tuvoy, de Laval, de Sablé, de Mayenne, capitale du bas Maine : dans tout le pays il ne resta à la Ligue que la Ferté-Bernard. L’importance de ces conquêtes a été relevée par les contemporains en ces termes : «La prise du Mans fut » suivie de la reddition de six villes, c'est-à-dire de qua- » rante lieues de pays et de quatre bonnes recettes. » — Le seul voisinage du roi et de son armée dans la Touraine et dans le Maine propagea le mouvement de soumission en Anjou. Le Lion-d’Angers se rendit à Puicheric le 26 novembre. Châteaugontier trouva dans la prise du Mans un arrêt auquel il s’empressa de se soumettre : 1l passa, même sans tenter de résistance, de la condition de capitale de la Ligue angevine à celle de ville de l’obédience de Henri. Les forts de Segré, Morannes, Monriou, Cheffes, redoutables retraites de la soldatesque ligueuse, furent désertés : leurs garnisons offrirent d’en-

Page 1