LIV. I. CH. IV. RECONNAISSANCE SOLENNELLE EN LANGUEDOC
le fort de cette ville, et y commença des fortifications qui le rendirent bientôt imprenable ".
Enfin, en Languedoc, la fin de l’année 1589 fut marquée par quelques faits qui servaient la cause de Henri dans l'opinion publique et fortifiaient son parti. Montmorency, gouverneur de la province, avait donné son adhésion avant la guerre d’Arques. Mais 1l s'agissait d'y joindre le libre assentiment des populations, dans un gouvernement où Toulouse et la partie occidentale-avaient embrassé la Ligue, et dans un pays d'Etats, où les représentants des trois ordres décidaient, avec une autorité à peu près égale à celle du gouverneur, de toutes les affaires d'intérêt public. Or, dans l’assemblée des Etats, tenue à Béziers le 27 septembre, le président de l’assemblée protesta de leur fidélité envers le roi : les consuls de Carcassonne, Uzès, Mende, Saint-Pons, le Puy, Castres, Lodève, prirent le même engagement : les évêques de Béziers, de Montpellier, de Nimes, d'Agde; les vicaires généraux de Carcassonne, Uzès, Mende, Saint-Pons, le Puy, accédèrent à ces promesses. Peu après le 13 novembre, l’un des lieutenants de Montmorency fit l'ouverture du Parlement royaliste de Carcassonne, dont les arrêts devaient infirmer ceux du Parlement de Toulouse, dans ce qu’ils avaient d’hostile à Henri [V et à son autorité ?.
Quand on joint ces reconnaissances aux reconnaissances hardies et généreuses des premiers jours du règne, et aux soumissions résultant des conquêtes de Henri, on voit que dans la presque totalité des gouvernements un parti pour le roi, plus ou moins fort, était organisé à la fin de 1589. Les seuls gouvernements de Guienne, de
1 Bouche, Hist. de Provence, 1. x, p. 731, 732. — De Nostredame, Hist. de Provence, part. VIN, p. 877-880.
? D. Vaissetie, Hisioire générale de Languedoc, I. xLI, t. V, p. 439, 440,