LE PARTI ROYAL ÉTABLI DANS TOUTES LES PROVINCES, MOINS TROIS
Nivernais, où commandait le duc de Nevers, d’Angoumois et de Saintonge, qui obéissaient à d'Epernon, persistaient encore dans la neutralité. Mayenne et la Ligue essayèrent bien de protester contre ce résultat, en faisant une proclamation solennelle de la royauté du vieux cardinal de Bourbon, le 21 novembre. Mais, d’une part, Henri s'était assuré de la personne de ce compétiteur en le tirant de Chinon, en le transférant à Fontenay en Poitou, et en le livrant à des mains d’une fidélité éprouvée !. D'un autre côté, la royauté de Charles X n'était appuyée que des revers d’Arques, de la perte des villes et du territoire que ces défaites avaient amenée : cette -royauté resta donc toute de déclaration et de protocole; d'effets réels, elle n’en eut point.
Un fait capital, négligé jusqu’à présent par l’histoire, c'est que, dès la fin de l’année 1589, les neuf dixièmes du haut clergé de France avaient adhéré à la royauté de Henri IV. L’exposé des faits généraux vient de nous montrer le roi reconnu par les cardinaux de Vendôme et de Lenoncourt, par les évêques et les vicaires généraux du haut et du bas Maine, d’une partie de la Bretagne, de la portion la plus considérable du Languedoc. Il faut ajouter que M. de Gondy, évêque de Paris, était si ouvertement prononcé pour lui, que la Ligue le força bientôt à se sauver de Paris. Il en était de même dans toutes les provinces. Sur les cent dix-huit archevèques et évèques que l’on comptait alors dans le royaume, cent se prononcèrent pour Henri dans les trois mois qui suivirent son avénement. L'auteur d’un écrit publié à la fin de 1589 dit en propres termes : « S'il faut éplucher les » choses par le menu, de cent ou six vingts archevêques
1 Lettres missives de Henri IV, des 24 août et 1° septembre, t. I, p. 28, 29, 35, 36. — Mémoires et correspondances de Duplessis, t. 1v, p. 399, 408, 409. — P. Cayet, 1. 1, p. 187.