‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 2 sur 636 · IL AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

IL AVERTISSEMENT

tombé : j’ai eu aussi à maintenir par des textes nouveaux, el contre des observations mal fondées, les assertions contenues sur plusieurs points dans mon livre. J’ai pris connaissance des divers ouvrages où se trouvaient traitées des parties fragmentaires du règne de Henri IV, les uns venus trop tard, quand mon livre a paru, pour que je pusse les consulter alors, les autres publiés après ma première édition. J’ai eu à profiter de quelques-uns de ces écrits, à contredire les autres, et j'ai tenu ainsi mon histoire au courant de la science. Enfin j'ai fait des additions à mon premier travail: mes lectures et mes réflexions m'en ont fourni une partie; te reste m’a été indiqué comme désirable ou comme nécessaire.

En rouvrant les originaux du xvre siècle, j'ai trouvé un certain nombre de points qui avaient échappé à mon attention, et qui présentaient cependant un véritable intérêt. C’était un complément indispensable que je devais donner à mes recherches et à mon exposé.

Quant aux développements que l’on me demandait d’imtroduire dans la composition originaire, je me suis guidé par les conseils d’une critique amie sans molle complaisance et infiniment éclairée, et J'ai médité de nouveau sur les lois du genre dans lequel je me suis exercé. Un académicien, maître dans l’histoire, comme dans la philosophie, après avoir loué dans mon livre l’histoire des partis, le tableau du gouvernement et de l’administration; après avoir approuvé même le point de vue sous lequel j'ai considéré, les résultals auxquels j'ai ramené les faits militaires et les négociations, ajoutait : « Mais nous » voudrions voir davantage comment cela se passe. » Un autre académicien, qui a le droit d'indiquer les conditions du succès, parce qu'il l’a toujours rencontré, en annonçant l’un des premiers mon ouvrage, avec des éloges dont je ne saurais trop le remercier, y mettait cependant cette restriction : « L’os- » téologie d'Henri IV et ses muscles aussi sont au complet; JY

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» voudrais encore son sang, les battements de son cœur, sa » vie nerveuse et ses saillies.» Ainsi l’avis de ces deux juges était qu’en resserrant trop parfois, dans mon premier volume, l'exposé des guerres et des négociations, en me montrant trop avare de tableaux, je n’avais pas donné assez d'intérêt à ma narration; qu’en faisant pleinement connaître Henri [V comme roi, je ne l'avais pas assez fait connaître comme homme.

Je n'ai pas hésité à suivre ces conseils, à renoncer au système que J'avais adopté d’abord, lorsqu’en étudiant de nouveau, et avec une plus sévère attention, les grands modèles des temps anciens et modernes, j'ai reconnu qu’ils donnaient raison contre moi à mes juges. Polybe en mêlant à ses récits les considérations du publiciste; Voltaire, Robertson, Gibbon, en présentant le tableau des mœurs et coutumes, en se préocéupant des questions de religion, de liberté civile, des arts de la paix et de l’économie politique, qui ont une souveraine importance dans les sociétés modernes, ont introduit des éléments tout nouveaux dans l’histoire, l’ont changée et agrandie. Toutefois, au milieu de cette rénovation, 1ls ont dans une juste mesure conservé la place à ce qui avait exclusivement défrayé l’histoire avant eux, aux luttes des partis, aux détails biographiques sur les principaux personnages mêlés et fondus dans l'exposé général des faits, aux batailles, aux siéges, aux négociations. Monteil, en exagérant les principes de l’histoire philosophique, s’est déclaré avec passion contre la diplomatie et la guerre, contre ce qu’il nomme l’histoire bataille, ei l’a proscrite sans pitié. Une réaction s’est faite après lui: l’art des diplomates, les ‘faits militaires ont repris faveur, et trouvé un exposé merveilleux de sagacité dans les dernières compositions historiques. Il faut veiller sans doute à ce que l’exagération ne se glisse pas de ce côté; à ce qu'on n’outre pas les principes dont les auteurs de ces grands ouvrages sont partis, la méthode qu'ils ont suivie: à ce qu’on

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