‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 204 sur 636 · LIV. 11. CH. I. LA BATAILLE RÉSOLUE DANS LE CONSEIL DU ROI · texte numérisé non relu

LIV. 11. CH. I. LA BATAILLE RÉSOLUE DANS LE CONSEIL DU ROI

vait se hâter de profiter de la présence et de l’ardeur de la noblesse, qui était aæourue sous ses drapeaux pour satisfaire au devoir de l’arrière-ban, soutenir l’honneur de sa race, payer sa dette à l'amitié et à l'admiration per— sonnelles, mais qui servant à ses frais, sans recevoir aucune solde, ne supporterait que pendant un bien court espace de temps, les fatigues et surtout les dépenses de la guerre ; que s’il conduisait son armée en Normandie, 1l dévorerait les ressources de cette province, dont 1l tirait presqu’autant de revenu que de toutes les autres provinces réunies ; que si par le hasard et la prolongation des opérations militaires, il était forcé de se retirer au-delà de la Loire, il abandonnerait dès lors à l’ennemi toute la France du Nord. Cet avis embrassé par le maréchal de Biron, chaleureusement soutenu par le roi, fut adopté par la majorité, et 1l fut résolu qu’on en viendrait aux mains avec l'ennemi. Mais dans un événement où il y allait de sa fortune et de celle de la France, Henri n’était pas hommé à rien donner à l’imprudence et à la témérité. Bien que ce jour là même, le duc de Montpensier lui eût amené un corps nouveau et tout entier de cavalerie, montant à cinq cents hommes, 1l jugeait son armée trop : inférieure encore, sous le rapport du nombre, à celle de la Ligue. La bataille étant décidée en principe, 1l arrêta avec lui-même de ne la livrer qu’à son jour et à son heure ; d’attendre jusqu’au moment où il aurait reçu les renforts considérables qui lui étaient promis ‘.

1 Discours véritable, p. 237. — P. Matthieu, Hist. de Henri IV, L 1, p. 25. — Mézeray, Hist. de France, L. 1, t. 111, p. 759, 760. Mézeray, dont nous avons relévé précédemment une grave erreur dans les faits qui précèdent les combats d’Arques, s’est informé avec plus de soin des détails relatifs à la bataille d’Ivry, et a contrôlé le témoignage de ses prédécesseurs comme le prouve son texte même. Nous userons, mais avec précaution, des renseignements qu’il fournit, et nous ne les admettrons que quand ils seront justifiés par les assertions ou les indications d’un contemporain. — Davila, 1. x1, p. 26-28. — Pasquier,

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