‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 205 sur 636 · LE ROI DRESSE LE PLAN ET L'ORDRE DE LA BATAILLE · texte numérisé non relu

LE ROI DRESSE LE PLAN ET L'ORDRE DE LA BATAILLE

Il employa le reste de la soirée et la nuit du 12 au 13 mars à dresser lui-même, à tracer de sa main, le plan et l’ordre de la bataille. Dans cette œuvre de chef d’armée, il se guida, pour la défense, par les observations d’une remarquable sagacité qu’il avait faites sur ses troupeset sur celles de son adversaire : pour l'attaque, iltrouva des combinaisons pleines de nouveauté et de génie. [l savait que l’armée ennemie était très forte en lanciers. Le choc de ces cavaliers, quand ils pouvaient faire un libre usage de leur principale arme, que les contemporains appellent une épouvantable forêt de lances, était terrible en soi, et semblait devoir devenir irrésistible à la cavalerie royale, par suite des habitudes qu’elle avait prises. Presque toute cette cavalerie se composait de noblesse volontaire, qui, durant les guerres civiles, avait préféré à l’usage des lances, qu'elle trouvait embarrassantes, celui des pistolets plus aisés à manier, suivant en cela exemple des Reîtres, et résistant à toutes les remontrances que le roi et les capitaines les plus expérimentés n'avaient cessé de lui faire sur l’imprudence de ce changement. Il était à peu près inévitable que la cavalerie noble füt enfoncée, si elle essuyait sur un front large, sur une ligne étendue et mince, l’impétuosité meurtrière de la première charge des lan— ciers. Henri rémédia, par l'adresse des dispositions, à cette infériorité des armes. D'abord, au lieu de laisser sa cavalerie en grandes masses, et de la ranger en haie, il la divisa en sept corps, dont le plus nombreux, celui qu’il commandait, ne comptait pas plus de six cents hommes, et 1l la forma en escadrons ayant cinq rangs de profondeur. De la sorte, toute sa cavalerie n’essuyait plus de front la violence de la première charge des ennemis; dans chaque escadron, les deux premiers rangs seulement

Lettres, 1. x1v, let. 10, colonne 495. « Deux jours avant la bataille, » voicy Monsieur de Montpensier, avec cinq cents bons chevaux. »

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