‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 208 sur 636 · LIV. II. CH. I. ÉLAN RELIGIEUX. RENFORTS ANNONCÉS. L'ARMÉE · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. I. ÉLAN RELIGIEUX. RENFORTS ANNONCÉS. L'ARMÉE

qu’il avait conservés toujours sincères et vifs, même au milieu des écarts où les passions l'avaient entraîné. Il adressa en présence de toute l’armée, une prière à Dieu, dans laquelle il le prenait à témoin que s’il marchait au combat, ce n’était poussé d'aucune autre passion que de l’amour de son peuple, dont il préférait la délivrance et le repos à la sûreté de sa vie : 1l suppliait ensuite sa providence de ne le conserver que si elle jJugeait ses jours utiles au bien de la chrétienté et au salut de la France. Cette prière réveilla et excita la piété dans l'âme de tous * l’on vit aussitôt les églises de Nonancourt pleines de princes, seigneurs, gentilshommes,” soldats, assistant à la messe, se confessant et communiant ; et les huguenots accomplissant de leur côté avec ferveur les pratiques de leur culte. Au courage de ces guerriers, la religion Jjoignait deux mobiles tout puissants, l’espoir qu’ils s'étaient rendu Dieufavorable ; l'assurance que, s’ils succombaient, ils paraïitraient à son tribunal, réconciliés. Tandis que les troupes du roi se remplissaient ainsi d’une nouvelle ardeur, lui-même recevait de tous côtés les assurances que plusieurs seigneurs, et un nombre considérable de gentilshommes seraient rendus sous son drapeau avant qu'il se mesurât contre les Ligueurs. La bataille avait cessé d’être une imprudence. Aussi Henri ordonna-t-1l à tous les corps de lever le camp, et de se diriger vers le village de Saint-André, distant de quatre lieues de Nonancourt, et tirant vers [vry, où l’on estimait devoir rencontrer l’armée ennemie. Les mêmes soins pris précédemment pour sauver aux soldats l'excès de la fatigue et l'épuisement, furent continués : des caissons passèrent dans les rangs sans désordre et sans confusion, et distribuèrent des vivres à tous, avant de se mettre en marche. Dans le trajet de Nonancourt à Saint-André, Henri prescrivit de faire marcher l’armée dans l’ordre suivant lequel elle devait

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