BATAILLE DU ROI POUR LA DÉFENSE ET POUR L’'ATTAQUE
les événements de la bataille, montrent que son but fut de percer la ligne ennemie avec son centre renforcé. Dans les deux siècles qui ont suivi, et notamment au commence-— ment du nôtre, une semblable disposition a décidé plusieurs fois la victoire. En outre, pour vaincre l’armée de la Ligue, il s’attacha, comme le prouve le dernier ordre qu'il donna avant l’action, à rompre toute union entre l’infanterie et la cavalerie de l’ennemi, à isoler son infanterie, à la livrer, privée d’aide et de support, aux attaques combinées des cavaliers et des gens de pied de sa propre armée. Telles sont les hautes qualités que les hommes du métier, les écrivains militaires, depuis le temps d'Evry jusqu’à nos jours, ont relevées dans son ordre et son plan de bataille ‘. Le lendemain matin, 13 mars, 1l le soumit aux maréchaux de Biron et d’Aumont, et aux autres chefs de l’armée, qui lapprouvèrent unanimement. Il le remit écrit entre les mains du baron de Biron, maréchal-de-camp général, et 1l choisit en même temps Dominique de Vic, oflicier d’une expérience consommée pour sergent-géné-— ral de bataille. Le sergent de bataille, subordonné au maréchal-général de camp, était chargé de la tâche délicate et difficile de ranger les divers corps de l’armée dans Ja place qu’ils devaient occuper sur le champ du combat, de telle sorte qu'ils secondassent docilement les combinaisons du général, et conservassent en même temps la liberté de leurs évolutions ?.
Cela fait, le roi donna cours aux sentiments religieux
1 La première combinaison de Henri pour l'attaque est démontrée par son ordre de bataille, que l’on trouvera exposé plus loin. Le Spectateur militaire, année 1834, t. XVII, p. 811, a fait sur ce point de judicieuses observations. La seconde combinaison du roi pour l’attaque, au moins aussi importante et aussi décisive que la première, est établie par les derniers ordres qu’il donna à ses lieutenants avant l'attaque : Matthieu les rapporte 1. 1, p. 32 : nous les reproduirons en
leur lieu. a 2 Discours vérit., p. 238. — Matthieu, 1. 1, p. 27.