L'ARMÉE LIGUEUSE DÉBOUCHE DANS LA PLAINE D’IVRY
dans leurs dispositions ne nuisit au succès de la bataille, Sa prévoyance avait dès longtemps ordonné des levées de deniers dans les provinces pour acquitter une partie de leur paye : ce jour-là même deux de ses serviteurs, en arrivant à son camp, lui apporterent de La Rochelle une somme de quatre-vingt mille écus : il la fit distribuer sur-le-champ aux divers corps, pour les tenir en haleine, sans rien réserver pour lui, quoiqu'il manquät de tout !.
Quand il eut achevé de ranger ses troupes en bataille, il était environ deux heures après midi. Dans l'intervalle écoulé entre le moment où il était parti de Nonancourt et celui où il terminait ces dispositions, il avait été joint, sur ses pressantes sollicitations, par divers seigneurs des deux religions lui amenant leurs forces. C’étaient le prince de Conti, La Guiche, Parabère, Duplessis-Mornay, La Trémoille enfin, celui-là même qui avait déserté le camp de Saint-Cloud, mais que lés patriotiques avis de Duplessis avaient ramené, dès la fin de l’année précédente, à des sentiments moins ambitieux, ou moins huguenots, et qui se décidait à remplir ses devoirs de sujet, de gentilhomme et de Français *.
Peu après que ie roi eut achevé de ranger et de disposer ses troupes, 1l fut averti par ses coureurs que celles de Mayenne paraissaient, après avoir traversé l’Eure sur le pont d’Ivry. Les deux armées se trouvèrent en présence, et elles y demeurèrent tout le reste de la journee
1 Pasquier, Lettres, 1. x1v, lett. 10, col. 425.
2? Mémoire de M. du Plessis, de ce qui se passa tant pour le général que pour le particulier, à la bataille d’Ivry, dans les Mémoires et Corresp., t. 1V, p. 474. & Le mesme soir (du 12 mars) nous feut donné rendés- » vous en la plaine de Sainct-Andrieu (Saint-André) pour le /endemain » dix heures... où nous trouvasmes le roy disposant ses forces pour » la bataille. » — Thuanus, Hist., 1. xCvixx, $ 10, t. IV, p. 844, 845. — Journal de La Curée, p. 108, 109 de limprimé.