‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 212 sur 636 · LIV. II. CH. I. LES DEUX ARMÉES RESTENT EN PRÉSENCE LE · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. I. LES DEUX ARMÉES RESTENT EN PRÉSENCE LE

du 13 mars sans en venir à une action générale : elles se bornèrent à des escarmouches, légères quant à la lutte, très importantes quant aux résultats, selon la judicieuse remarque des historiens du lemps versés dans l’art de la guerre. Les royaux contraignirent l’ennemi à quitter un village dont il s’était d’abord saisi, et le Joignirent à ceux qu’ils occupaient déjà. Les deux Biron s’assurèrent d’un autre. « Le maréchal de Biron, dit d’Aubigné, ayant jeté l'œil sur les deux armées, jugea qu’il n’y auroit point de bataille pour ce jour, et s’en alla aider à son fils pour le logis important qui fut à Foucarville (Foucrainville), où l’armée royale pritson assiette". » On verra tout à l'heure quelle était l'importance de l’occupation de ces postes. Avant la fin du jour, Henri vit grossir encore ses rangs de plus de deux cents chevaux, que conduisaient les seigneurs et gentilshommes de Normandie, et des trou— pes que de Larchant, Durolet, de Chastes amenaient d’Evreux, du Pont-de-l'Arche, de Dieppe. Les gardes bourgeoises avaient fourni leur contingent aussi bien que les garnisons dans ces détachements. Tous ces citoyens continuaient avec un plus noble dévouement ce qu'ils avaient commencé à la guerre d’Arques : ils ne défendaient plus leurs foyers, leur province : ils ne combattaient plus pour le clocher, mais: pour une cause. La totalité des renforts qui avaient été amenés au roi depuis deux jours, montait à six ou huit cents hommes de cheval, le tiers de sa cavalerie, outre un nombre considérable de fantassins. La dispro-

1 Discours véritable, p. 240, 241. Lettre du roi, du 14 mars, t. II, p. 163. « Le mardy, je veins prendre les logis qu’ils vouloient pour eulx, » et où estoient desjà arrivez leurs mareschaux des logis. Je me » contentai de leur faire quicter un village proche de moy, duquel ils » s’estoient saisis. » — On croit que le village dont les royaux chassèrent les Ligueurs, est le village de Neuville. Pour l'occupation de ce village et de Foucrainville, voir d’Aubigné, t. 111, L. TI, c. 5, p. 298.

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