VIGILANCE ET ACTIVITÉ DU ROI
portion entre ses forces et celles de Mayenne, sans disparaître entièrement, diminuait d’une manière sensible, S'il commanda assez à son ardeur et à son impatience naturelles pour demeurer tout un Jour en présence des Ligueurs sans les attaquer, la temporisation dont il usa et dont ses compagnons d’armes s’étonnent comme d’une merveille, s’explique par cette circonstance qu’il donna à tous les corps que nous venons d'indiquer le moyen de le joindre ce jour-là, et qu'il ménagea encore à d’autres la facilité d'arriver le lendemain assez à temps pour prendre part à la bataille *,
Dans la soirée du 13, les chefs se réunirent et tinrent conseil sur les éventualités du lendemain. Quelqu'un proposa de s’assurer un lieu de retraite en cas de mauvais succès. Le roi répartit qu’il les estimait tous de même opinion que lui; que pour sa part, 1l ne désionait autre lieu de retraite que le champ même où se donnerait la bataille, marquant ainsi sa résolution d’y vaincre ou de mourir ?. À l'issue du conseil, 1l ordonna aux troupes d'aller prendre du repos. Dans cette nuit du 13 au 14, il logea son armée commodément dans les bourgs de Saint-André, de Foucrainville et autres voisins. Le duc de Mayenne, au contraire, eut beaucoup de peine à faire camper la sienne dans un petit nombre de
1 Discours véritable, p. 241. — Lettre circulaire du roi, du 414 mars, dans le Recueil des Lettres missiv., t. 11, p. 167. « De cette cavalerie, » il m'en arriva, depuis que je fus en bataille le mardy et mercredy, » plus de six cents chevaulx. » — Pasquier, lett. 10, col. 426, porte "à huit cents le nombre des survenus. — Thuanus, 1. xCvut, $ 10, p. 84à. — Du Plessis-Mornay, Mém., t. IV, p. 474. « La journée finit sans jour- » née, non sans merveille, chascun gardant son advantage, et n’y ayant » toutes foys ruisseau, montagne, ni barricade entre deux.» Mézeray, Hist. de France, I. 11, t. 1, p. 763. «IL y a apparence que les deux » armées se fussent battues ce jour là, si le roy n’eut attendu la no- » blesse qui arrivait d'heure en heure. » ë
2? Pasquier, Lettres, 1. x1v, lettre 10, col. 425; et L. xx, lettre 3, col. 601. : |