SES DERNIÈRES RECOMMANDATIONS POUR LE GAIN DE LA BATAILLE
Il donna alors aux chefs de corps son ordre suprème, leur exprima sa pensée militaire la plus inime pour cette Journée. Convaincu d’après les observations du prince de Condé son oncle et de l’anural de Coligny, que la perte des batailles de Dreux et de Saint- Denis devait être attribuée surtout à la circonstance qu’on avait attaqué l'infanterie plutôt que la cavalerie, 1l enJoignit à ses capitaines de diriger leur premier et principal effort contre les escadrons ennemis, en se persuadant bien qu’après avoir défait les gens de cheval, ils auraient bon marché de ceux qui combattaient à pied. El échauffa le courage des officiers et des soldats par ces courtes et significatives paroles : « Mes amis, vous êtes tous Fran- » cais, Je suis votre roi, et voilà l’ennemi! » Retourné à son escadrôn, 1l dit aux seigneurs et aux gentilshommes qui l’entouraient : « Mes compagnons, si vous courez ma » fortune, je cours aussi la vôtre. Je veux vaincre ou » mourir avec vous. Gardez bien vos rangs, je vous prie, » et si la chaleur du combat vous les fait quitter, pensez » aussitôt au ralliement; c’est le gain de la bataille. » Vous le ferez entre ces trois arbres, que vous voyez là- » haut à main droite. » Et il leur montra trois poiriers qu’on découvrait dans cette direction. Ces mots étaient un cri de charge, qui, adressés à l’impatience et à l’impétuosité française, ne souffrait aucun délai. Aussi, informé dans ce moment que les renforts de Picardie, conduits par d'Humières et de Mouy, n'étaient plus qu’à une demi-lieue du champ de bataille, 1l refusa de retarder le commencement de l’action jusqu’à leur arrivée. Il prescrivit de les joindre au corps de réserve, dont il trouvait prudent du reste d'accroître la cavalerie, et 1l ordonna à son arüllerie d'ouvrir le feu !.
1 Pour l'ordre donné par le roi d'attaquer la cavalerie ennemie