‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 227 sur 636 · LIV. 11. CH. I. L'ARTILL. DES ROY. LEUR DONNE UN PREM,. AVANTAGE · texte numérisé non relu

LIV. 11. CH. I. L'ARTILL. DES ROY. LEUR DONNE UN PREM,. AVANTAGE

L’artillerie, dirigée avec habileté par le grand-maitre La Guiche, fit neuf décharges avant que l'ennemi eut mis le feu à une seule de ses pièces : elle pointa avec assez de précision pour que tous ses coups portassent, tandis que les canons du duc tirèrent constamment trop bas : elle profita enfin de la position contre les Ligueurs, qui, postés sur la pente d’un côteau, donnaient prise sur eux d’une manière désastreuse. Aussi fit-elle de larges trouées dans les rangs de l’armée de la Ligue, tandis que les canons de Mayenne ne tuèrent qu’un seul gentilhomme dans la troupe du duc de Montpensier !. La supériorité de l’artillerie du roi, qui se montre au commencement de |

plutôt.que l'infanterie, et pour les raisons qui le déterminent, voir Mätthieu, L. 1, p. 32. Le même historien, à la même page, rapporte les mots énergiques adressés par Henri aux soldats et aux capitaines. — Pour la harangue de Henri aux seigneurs et aux guerriers de son escadron, nous adoptons la version fournie par Mézeray, Histoire de France, t. nt, p. 768, 769, 4° parce que l'historien témoigne que pour divers détails de la journée d’Ivry, il était soigneusement informé auprès de ceux qui y avaient assisté; 2° parce qu’on voit par trois passages de Mézeray lui-même, p. 771, et de P. Matthieu, p. 32 et 33, que, dans la bataille, Henri IV et tous les chefs de l’armée pratiquèrent le ralliement continuel, si fort recommandé dans la harangue, et conduisirent leurs troupes à droite, précisément dans la direction indiquée par Henri. Ainsi d'après Matthieu, 1. 1, p. 32, le maréchal d’Aumont dit à sa troupe : « Voici des gens qui viennent en bon ordre, mais ils » sont à nous. Allons, donnons, nostre ralliement est à la droiïcte. ». 8° parce que le voi se dirigea lui-même à droite, et s'arrêta aux poiriers. — Pour l’ordre donné par Henri de joindre à la réserve les renforts amenés par d'Humières et de Mouy, Du Plessis-Mornay, t. IV, p. 477 fournit un détail qui montre combien le roi, au milieu du plus grand entrainement, se possédait et calculait tout : « Sa Majesté ne » fust d'advis que ceste trouppe combattist, ains qu’elle fist ferme; » et de faict, elle aida fort à rallier le reste, et à arrester le cours » des ennemis. »

1 Discours véritable, p. 244. « Le sieur de La Guiche avoit fait tirer » neuf canonnades avant que les autres eussent commencé. » — D’Aubigné, 1. 11, ©. 5, p. 230. « Cela se fit de neuf canonnades, qui pour » estre de près, et pour ce que l’armée ligquée parott beau jeu sur la » descente d’un costeau, y eut du dommage à bon escient. »

Page 1