‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 231 sur 636 · LIV. I. CH. I. L'AVANT-GARDE ET L'AILE GAUCHE EN PÉRIL · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. I. L'AVANT-GARDE ET L'AILE GAUCHE EN PÉRIL

tenta de rétablir les affaires en attaquant la division du duc de Nemours, qui lui était opposée, et dont 1l se promettait la défaite. La rare valeur qu’il déploya méritait qu'il réussit. Mais renversé de son cheval, tué sous lui, remonté non sans peine par ses gentilshommes, il vit ses troupes repoussées avec perte, et ses espérances cruelle- ‘ ment décues !. Ces échecs multipliés réagirent sur la situation du maréchal d’Aumont qui, jusque là, avait soutenu la cavalerie légère. Il se trouvait au milieu de corps ennemis, partout vainqueurs autour de lui, et courait risque d’être accablé et mis en déroute. Il ne fallut rien moins que l’intervention de la réserve, et que l'attaque dirigée par le roi contre le centre de l’armée ennemie, survenant coup sur coup, et opérant une puissante diversion, pour dégager et sauver le maréchal ?.

Ainsi, à l’avant-garde et à l’aile gauche de l’armée royale, tout était perdu ou compromis. En ce moment, le catholique La Curée, qui ce jour-là eut trois chevaux tués sous lui, avisa sur le champ de bataille son ami, le huguenot Fouquerolles, aide-maréchal-de-camp, aussi

1 Davila, 1. x1, p. 37. — Mézeray, p. 769.

2 Ces derniers faits qui ne se trouvent dans aucun historien, sont attestés par trois témoins oculaires. Duplessis-Mornay, Mémoires, t. Iv, p. 475, édit. 1824. « Nos chevaulx-légers feurent renversés. M. de » Montpensier qui chargeoït à la droite du roy, n’en eut pas meilleur » compte. » La droite du roi est une faute évidente d'impression, il faut la gauche, comme on le voit dans le Discours véritable, p. 289, — : Lettré du comte de Saint-Paul à M. de Nevers, préface des Mém. de Nevers, p. 7. « M. le Grand-Prieur (comte d'Auvergne) et M. de Givry » qui menoient les chevaulx-légers feurent poussez par l’ennemy assez » loing, comme aussi fut l'avant-garde que conduisoit M. de Mont- » pensier. » Dans ce passage, le mot. avant-garde signifie un corps non pas placé au devant du gros de l’armée et de la ligne de bataille, mais sur la ligne de bataille immédiatement avant le corps du centre. — Lettre du maréchal de Biron à du Haillan, p.176. « Le Roy étoit en » danger, s’il ne se fut avancé, comme il fit, que la troupe de M. le » mareschal dAuinont eut été renversée et mise en route (déroute), » et ses chevaux légers. »

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