‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 230 sur 636 · ÉCHECS MOMENTANÉS DE DIVERS CORPS DE L'ARMÉE ROYALE · texte numérisé non relu

ÉCHECS MOMENTANÉS DE DIVERS CORPS DE L'ARMÉE ROYALE

placa. Menant à sa suite six cents cavaliers wallons et flamands et l’infanteriedes lansquenets, ilattaqua avec fureur les escadrons de d'Auvergne et de Givry. Les chevaulégers, déjà inférieurs en nombre, ne purent soutenir le choc des lances et l'effort des gros chevaux flamands : ils furent enfoncés au centre, dispersés à droite et à gauche. Le maréchal d’Aumont, qui pour les secourir fit une charge et des prodiges de valeur, les sauva de la destruction, mais ne put empêcher leur déroute. Leur fuite, funeste en soi, laissait de plus l'artillerie sans défense. Les wallons tuèrent une partie des soldats qui la servaient, contraignirent les autres à se sauver, et renversèrent les pièces. Après avoir éteint le feu de l’ennemi, ils s’élancèrent à la poursuite des chevau-légers, et menèrent battant trois cents d’entre eux plus de mille pas. Ils se reployèrent ensuite, et prenant leur marche en remontant, ils se dirigèrent de nouveau vers le canon. Le baron de Biron les chargea à leur retour, attaqua leur escadron en queue et parvint à l’entamer; mais il fut blessé au bras et au visage, et ses soldats, laissés sans conduite pendant qu’on le pansait, consternés de son accident, mollirent et restèrent inactifs. Les wallons de d'Egmont et les lansquenets eurent alors un moment partie gagnée. Ils s’emparèrent de l'artillerie, qui demeura quelque temps entre leurs mains; se disposèrent à . charger de nouveau les chevau-légers et à les écraser; répandirent l’étonnement et l’ébranlement dans toute cette partie de l’armée royale !. Le duc de Montpensier

1 Journal de La Curée, p. 112, 113 de limprimé. — Sully, Œcon. roy., ch. 30, p. 75 B.— Davila, I. x1, t. 1. — D’Aubigné, t. 111, L. It, ©. 5. — Matthieu, L. 1, p. 32, 33. « L’escadron des lances estrangères » vint fondre sur les chevaux-légers du Roy, les rompit et mena bat- » tant trois ou quatre cents chevaux plus de mille pas, ce qui estonna » et esbranla fort l’armée du Roy... On avait veu les chevaux-légers du » Roy rompeus, l’artillerie abandonnée. »

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