‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 234 sur 636 · MAYENNE LUI OPPOSE D'ABORD LES REITRES : FUITE DES REITRES · texte numérisé non relu

MAYENNE LUI OPPOSE D'ABORD LES REITRES : FUITE DES REITRES

gnons d'armes de Henri, quelques-uns faiblirent, assez d’autres s’inspirèrent de ce langage pour servir héroïquement ses desseins, et pour leur donner gain de cause. Le corps du roi ne comptait que six cents cavaliers. Mayenne leur en opposa deux mille sept cents : mille reîtres, et les dix-sept cents hommes de son escadron. Il espérait que les reîtres porteraient le désordre dans les troupes du roi, comme ils Pavaient mis parmi les chevau-légers, et que lui-même, survenant avec ses soldats d'élite, déciderait la victoire. Il lança d’abord les reitres contre les royaux. Les reîtres firent une charge, puis tournèrent bride, suivant leur manière de combattre, ponr aller se rallier derrière leur armée, et recommencer ensuite l’attaque. Mais n'ayant pas trouvé le passage libre et ouvert, par la faute de Tavannes, ils se détournèrent d’abord vers l'infanterie ligueuse, qui baissa ses piques contre eux et les repoussa. Ils se renvérsèrent alors sur le grand escadron de Mayenne, en entrainèrent le tiers avec eux, et coururent se réfugier à l’entrée du petit bois. Le comte de Brunswick, l’un de leurs chefs, avait été tué dans la mêlée; l’autre tenta, maïs en vain, de les ramener au combat : ils restèrent dans le lieu de leur refuge pendant toute l’action, à leur propre honte et au préjudice de leur armée. Ils laissaient Mayenne, privé d’une partie de ses forces, occupé et embarrassé à réparer le désordre qu’ils avaient jeté dans ses rangs !. |

Le moment de fondre sur le centre des Ligueurs était indiqué, et le roi le saisit avec empressement. Suivi de

1 Sully, Œcon. roy., ch. 30, p. 75, 76. « Deux escadrons de l’enne- » my, à scavoir : ur de mil ou douze cens reistres, et celui du comte » d'Egmont, estoient destinez pour charger celui du Roy... Les reistres » vindrent assez furieusemént. » Nous relèverons plus loin ce qui concerne le comte d’Egmont et sa troupe : ici nous n’avons à nous occuper que des reîtres. Les autres détails sont donnés par Matthieu, p. 33, et par Davila, p. 37, 39. | -

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