XXVIII PRÉFACE
là s’arrêtèrent les résultats et les succès des premières années de son règne. Il essaya d’abattre la révolte de la Ligue, et de repousser les attaques de Philippe IT, avec les seules forces nationales, et malgré les glorieuses journées d’Arques et d'Ivry, il échoua. Il opposa ensuite à son double ennemi les forces nationales et les forces étrangères combinées ensemble, et il échoua. IL était à peine maître de la moitié du royaume, et n’était venu à bout de rien : la lutte à main armée n'avait conjuré aucun danger, parce qu'avec les ressources dont 1l disposait, 1l n’était donné à personne de surmonter les ennemis qu'il avait à combatire. À la fin de 1592 et en 1593, l'invasion étrangère avait fait de tels progrès, l’anarchie et la dissolution intérieure avaient pris de si formidables développements, qu’au Jugement des hommes d'Etat de tous les partis, de Mornay et de-Rohan, comme de Villeroy, la France touchait à l’une de ces catastrophes qui, outre tant d’autres peuples, ont aux deux limites extrêmes des temps anciens et des temps modernes, effacé l’Empire romain et la Pologne du nombre des nâtions. Henri IV ne tira le royaume de cet effroyable danger que par le désarmement des partis, acheté par de si durs sacrifices, mais opéré, entre 1593 et 1598. Ce sont, d’abord, et la concession indispensable de son abjuration faite à la majorité catholique de la France, et les traités consentis avec tous les chefs de la Ligue, qui, en le débarrassant de la moitié de ses ennemis, lui permirent de combaitre victorieusement le Tierspart, et les Grands seigneurs s’efforçant de ressusciter la féodalité, c’est, plus tard, l’édit de Nantes, lequel, en ce qui concernait l'état politique des Calvinistes, était un véritable traité avec eux. Ces transactions amenèrent, à leur tour, le traité de Vervins, et mirent fin aux attaques de l'étranger contre notre indépendance et contre l’intégrité de notre territoire. Tout cela se tient, s’enchaîne, se déduit l’un de l’autre.
Notre premier soin a done été de composer une histoire complète des partis, depuis l’avénement de Henri IV jusqu'à l'entière pacification du royaume. Nous avons soumis à un attentif examen leurs actes principaux, la déclaration du roi et des seigneurs signée au camp de Saint-Cloud, le 4 août 1589; les arrêts des divers Parlements rendus cette année et Pannée