‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 24 sur 636 · PRÉFACE. XXVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXVII

gnements d’une exactitude insuffisante. On va en juger par deux exemples, tirés de deux ouvrages d’érudition assez récemment publiés. On lit dans l’un que, sous le règne de Henri IV, le parti des Politiques et le Tiers-parti ne firent qu'un; que ce fut une même chose sous deux noms différents. ‘Il y a là erreur : en ce temps, le parti des Politiques fut le plus ferme soutien, et le Tiers-parti, démembrement du parti royal, l’un des plus dangereux ennemis de Henri : c’est ce qui est établi par toute l’histoire contemporaine, et dans le plus erand procès de l’époque, par la déposition et la défense de Biron. On trouve dans l’autre ouvrage que les Sermoneux, partisans du roi, firent des assemblées pour demander la paix. Il n’y à jamais eu de Sermoneux ; mais bien des Semonneus, ainsi appelés parce qu'ils voulaient semondre ou sommer le roi d’abjurer. C’est à tort qu’on les qualifie de partisans du roi, si l’on s’en tient à la véritable signification de ce terme; ils appartenaient à la Ligue française : la Ligue française ne consentit jamais à reconnaître le roi que sous la condition qu'il se fit catholique, et tant qu'il ne le fut pas, elle le combattit. L'histoire de ces partis a donc été jusqu’à présent mal connue : cependant elle est d’une importance évidente. D’une part, elle renferme la vive peinture des mœurs et de l'esprit du temps dans les diverses classes de citoyens ; d’une autre, elle conent tout le secret des révolutions de ce temps. La guerre et les négociations n’agissent en effet que d’une manière secondaire sur les événements politiques; ce sont Les déterminations des partis qui en décident souverainement. Soutenu par les deux fractions du parti royal pur, qui se prononcérent généreusement pour lui dès son avénement, par le corps de la Noblesse en forte majorité, et par la classe entière des Politiques, Henri IV parvint à se faire reconnaître, à établir sa royauté ; et c'était un point capital, parce qu’il était seul capable de sauver et de régénérer la France, parce que dans les circonstances données il était l’homme indispensable. Mais

parti royal pur ou parti des Politiques, le Tiers-parti ou parti des princes du sang cherchant à supplanter Heuri IV, le parti aristocratique ou des grands seigneurs ‘s’efforçant de rétablir la féodalité, enfin le parti protestant.

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