CHAPITRE IT
Blocus et délivrance de Paris. Le duc de Parme. Invasion du territoire par les étrangers. Nouveau système de guerre adopté par le roi (avril-décembre 1590.)
Le duc de Nemours, nommé gouverneur de Paris, met la ville en état de défense. — Le roi, sorti des difficultés où l'ont jeté les trahisons de son parti, reprend les hostilités. — Son plan, dicté à la fois par les raisons de la guerre, de la politique, de l'humanité, est d’éviter de prendre Paris d’assaut, et de réduire cette ville par un blocus et par la disette. Il s'empare de toutes les places et du cours de toutes les rivières, qui à distance, apportent des vivres dans la capitale — Les chefs de la Ligue cherchent les moyens propres à inspirer au peuple la résolution d’opposer une résistance désespérée : nouveau décret de la Sorbonne, procession de la Ligue, serment de la municipalité et de la milice bourgeoise dans l’église de Notre-Dame, — Malgré leurs efforts un parti considérable se forme dans la bourgeoisie pour un accommodement et pour la soumission. La mort du roi de la Ligue, du vieux cardinal de Bourbon et la disette fortifient la tendance à la soumission : au commencement de juin, le roi a chance de réduire prochainement Paris. Il la perd par l’infidélité de Givry,
. qui pour de l'argent, laisse passer les provisions destinées aux Parisiens. Le roi, après l’augmentation de son armée, resserre le blocus, en s’emparant de Saint-Denis et de Dammartin dans l'Ile-de-France, et peu après des dix faubourgs de Paris. — Famine dans Paris. Cruauté de Nemours, des autres princes lorrains et des Seize : pitié du roi : il laisse sortir toutes les bouches inutiles Les deux soulèvements nommés les Journées de la paix ou du pain. Pour calmer et tromper le peuple, les chefs de la Ligue à Paris feignent de vouloir traiter avec le roi, et lui députent. Ces chefs et Mayenne usent perfidement du répit que leur donnent les négociations, pour faire avancer l’armée espagnole au secours de la capitale — Le duc de Parme entre en France avec 13,000 hommes : il conduit son armée à Meaux. Avis du roi et d’une partie de son conseil de continuer ie blocus de Paris réduit aux dernières extréniités, et de fermer le passage au duc de Parme en occupant la position de Claye. Le maréchal de Biron fait prévaloir le funeste avis de lever le blocus de Paris, et de conduire l’armée à Chelles. Motifs de la conduite de Biron. Paris est ravitaillé. Le roi perd la dernière chance de s'emparer de la capitale par l'indiscipline et la dispersion de son armée. Paris est entièrement délivré, — Le parti de la Ligue est relevé, non plus au profit de la souveraineté de Mayenne, mais de ceile de Philippe IT. L’accession des derniers neutres dans les provinces au parti du roi ne change en rien ia situation générale et périlleuse du royaume, : déchiré par la guerre civile, et attaqué par la coalition de la moitié de l'Europe. Invasion du territoire au Sud et à l'Ouest, en Languedoc, Bretagne, Provence, par les Espagnols et les Savoyards, Etat de la France et des partis à la fin de 1590. -- Nouveaux préparatifs du roi proportionnés à l'attaque. Il appelle