‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 259 sur 636 · DÉFENSE DE PARIS ORGANISÉE PAR NEMOURS ET LES SEIZE · texte numérisé non relu

DÉFENSE DE PARIS ORGANISÉE PAR NEMOURS ET LES SEIZE

toute l’Europe protestante au secours de la France, et adopte un nouveau système de guerre.

Le duc de Nemours, désigné par Mayenne pour commander dans Paris, et les Seize, mirent à profit le répit qui leur était donné par les serviteurs du roi conjurés avec eux. Ils firent entrer dans Paris quinze cents lansquenets, commandés par le comte de Collalte, un pareil nombre de soldats fournis par les détachements qu’on avait répandus auparavant dans les places voisines de la capitale, Meaux et quelques autres villes, et ils joignirent ces troupes régulières à la milice bourgeoise. Ils ramassèrent des vivres et des provisions pour nourrir Paris pendant un mois : ils réparèrent les murailles et les mirent en état de soutenir les attaques de l’ennemi : ils firent couler soixänte-cinq canons, et fabriquèrent un amas de poudre suffisant pour les servir. Ils dissipèrent les craintes et l’abattement du premier moment, ils firent prédominer chez les masses le souvenir des cruautés dont elles avaient été victimes lors de l’attaque des faubourgs de Paris; le sentiment de la confiance dans leur nombre et la passion pour la défense de leur religion. Tel était l’état dans lequel ils avaient mis Paris, quand le rot, sorti des embarras où de coupables calculs l'avaient jeté, put enfin faire agir ses troupes dont le nombre n’excédait pas alors treize mille .

Il lui était interdit de prendre de vive force Paris, mis en état de résistance, défendu par trois mille hommes de troupes régulières et quarante mille bourgeois armés. En supposant qu'après un assaut meurtrier les murailles fussent prises, il fallait avec le reste de treize mille hommes

1 Cornéio dit qu'avant que le roi se fût emparé d'aucune des villes avoisinant Paris, « on fit entrer en icelle très grande quantité de bled, » d'avoine et autres grains jusqu’à trois mille muids et davantage, et

» plus de dix mille muids de vin. » (Mém. de la Ligue, t. IV, p. 278.) — Thuanus, 1. XCVIII, sub fin. — Mézeray, p. 787.

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