OPERATIONS DANS CE BUT. PROCESSION ET ACTES DE LA LIGUE
Maur; quelques jours après 1l contraignit Beaumont-sur- Oise à capituler. En joignant ces villes à celles qu’il possédait déjà, 1l se trouva maitre de tous les passages qui amenaient des vivres des provinces à Paris; du haut et du bas de la Seine, par Melun, Corbeil, Saint-Cloud, Poissy, Meulan, Mantes; des affluents de la Seine, le Loing et l’Yonne, par Moret et Montereau; de la Marne, par Charenton, Lagny, le pont de (Gournay; de l'Oise, par Compiègne, Creil et Beaumont. Paris dès lors ne recut plus de provisions par eau, et ne tira plus qu’une petite quantité de subsistances des campagnes les plus rapprochées, et de la seule Ile-de-France.
Dans les premiers Jours de mai, on reconnut où tendaient les opérations savantes et précises du roi, et les chefs des Parisiens cherchèrent tous les moyens d’échauffer les imaginations et d’égarer les esprits, pour roidir les habitants contre les rudes privations et les dan— sers du blocus. Le 7 mai, la Sorbonne rendit un nouveau décret portant que Henri, hérétique et excommunié, était à jamais déchu de la couronne, quand bien même il viendrait à obtenir extérieurement l’absolution; que, même dans ce cas, les Français étaient tenus de ne faire aueune paix avec lui; que la palme du martyre et de l’éternelle félicité attendait tous ceux qui périraient en le combattant. Les prédicateurs et les curés de la Ligue, les moines des ordres étrangers, capucins, feuillants, minimes, cordeliers, Jacobins, carmes, formèrent une milice de treize cents hommes. Le 14 mai, ils parurent dans une procession, tenant une épée d’une main et un crucifix de l’autre : Rose, évêque de Senlis, les conduisait; le légat les bénit et les nomma de nouveaux Macchabées : au sortir de là, ils allèrent partager avec les soldats et les bourgeois les travaux du siége, le guet et la garde. Il est très-remarquable que n1 aucun des ordres français, les