‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 275 sur 636 · MAYENNE ET LES GUISES DEVENUS LES INSTRUMENTS DE L’ESPAGNE · texte numérisé non relu

MAYENNE ET LES GUISES DEVENUS LES INSTRUMENTS DE L’ESPAGNE

» comté en féodalité de la couronne d’Espagne au lieu de » celle de France, qu'ils répudiaient du tout !. » Ainsi, l’égarement du zèle religieux allait Jusqu'à se séparer de la patrie et à la renier.

Tout s’efface devant ces faits qui terminèrent si déplorablement l’année 1590. La France en revenait aux désastres et aux hontes du temps de l’invasion anglaise : elle était démembrée; elle voyait la souveraineté de l’étranger s'établir sur une partie de son territoire.

Mayenne et les autres princes de la maison de Guise étaient seuls coupables de ces résultats. Dans l’ambition illégitime, comme dans les autres vices, 11 y a une probité relative qui s’interdit les bassesses et les crimes. Cette probité, ils ne l’eurent pas. Si on les regardait comme naturalisés parmi nous, comme Français, pour avoir séjourné et vécu dans le royaume depuis François E*", ils étaient des traitres et des infâmes. S1 on les considérait comme Lorrains, comme étrangers, alors ils n'étaient plus pour nous que des ennemis ; mais des ennemis de la pire espèce, car ils payaient les innombrables bienfaits dont la France et ses rois les avaient comblés, en frappant la France de mortelles blessures. Jusqu’à la bataille d'Ivry, Mayenne avait été coupable d’ambition; mais au moins cette ambition était grande : il prétendait alors commander à la France une, forte, indépendante de l’étranger, tenant dans l’Europe une large et belle place. Maintenant, condamné par les défaites d’Arques et d’Ivry, il ne pouvait pas être roi. Il ne pouvait pas davantage être le maire du palais d’un roi fainéant, puisque le vieux cardinal de Bourbon était mort dans sa prison de Fontenay-le-Comte, le 9 mai, pendant le blocus de Paris. Il ne lui restait donc qu à se soumettre généreusement, à finir

1 P. Cayet, L. 11, p. 258, 259. — Thuanus, |. xcix, $ 14, p. 890-893. — Sully, Œcon. roy., c. 58, p. 188 A.

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