‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 276 sur 636 · LIV. 11. CH. II. COALITION DE L'EUROPE CONTRE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LIV. 11. CH. II. COALITION DE L'EUROPE CONTRE LA FRANCE

la révolte et les maux du pays, ou à devenir l’esclave et le jouet de l'Espagne. Ce fut le dernier parti qu'il prit! Perdu de réputation, dénué de ressources, réduit à se mettre à la merci du roi catholique, à ne vivre que.de ses secours, à ne combattre qu'avec ses armées, 1l ne soutenait plus l’étendard de la guerre civile, il ne luttait plus contre Henri, que pour livrer à Philippe IT la souveraineté qui lui échappait. Qu'il aît voulu autre chose, qu’en prenant l’argent et les-troupes du roi catholique, il ait perfidement traversé ses desseins, cela importe bien peu. . Ce n’est ni ce qu'il voulut, n1 ce qu'il tenta qu'il faut considérer, ce sont les résultats ; c’est le pied que les Espagnols prirent dans le pays, les extrémités auxquelles la France fut réduite, les dangers que courut son indé— pendance. Mayenne, les princes de la maison de Guise, les gouverneurs de provinces pour la Ligue ne recevaient tbe un seul soldat, une seule piastre, sans faire ‘en échange la concession de quelque ville, de quelque territoire, k quelque portion des pouvoirs publics. Ce n’était pas là une grande ambition, mais une convoitise de bas étage, qui se cramponnait à un pouvoir bâtard et subordonné, et ne voulait pas lâcher prise, dût la France périr par leurs violences et dans l’étreinte de leurs efforts désespérés ”.

Le roi, avec une force militaire très médiocre par le nombre, et plus encore par l’irrégularité du service et lindiscipline, avait vaincu la Ligue en toutes rencontres, avait fait chaque jour sur elle des conquêtes, tant qu'il

1 Ni les faits eux-mêmes qui parlaient si haut, ni les avis ne manquaient à Mayenne et à ses parents pour être avertis du précipice où ils jetaient le pays. Voici ce que disait, lors de la prochaine entrée du duc de Parme en France, le ligueur Villeroy (Apologie et Disc., t. x1, p. 157 A) : « J'asseurois que le royaume seroit bientost rempli * » de tant d’estrangers que ledit sieur duc ne pourroit plus disposer ny » de s y ny de ses amis. »

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