‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 289 sur 636 · SES BULLES MONITORIALES. ARMÉE QU'IL DIRIGE CONTRE LA FRANCE · texte numérisé non relu

SES BULLES MONITORIALES. ARMÉE QU'IL DIRIGE CONTRE LA FRANCE

pagnole entrait dans Paris, le pape fit une véritable déclaration de guerre à Henri et à tout le parti royal, par un bref qu’il adressa à son nonce, le cardinal de Plaisance, et qui ne tarda pas à être publié dans le royaume. Le 1% mars, 1l donna à Rome deux bulles monitoriales, contenant trois parties principales. Le roi était frappé de nouvelles censures, excommunié, déchu de ses royaumes et seigneuries comme hérétique et relaps. Les archevèques, évèques et autres ecclésiastiques, suivant son parti, étaient excommuniés et privés de leurs bénéfices, si dans quinze Jours ils ne se retiraient de l’obéissance et de la suite de Henri de Bourbon. Enfin, la Noblesse, les Parlements, le Tiers-état, étaient sommés d’en faire autant, s’ils ne voulaient encourir l’indignation et les sévérités du pape. Un nouveau nonce, Landriano, fut envoyé en France pour répandre, dans les diverses villes du royaume, ces bulles, qui furent aflichées le 3 juin aux portes de Notre- Dame. : |

En même temps, pour justifier les paroles dans lesquelles il annonçait qu'il fournirait à la Ligue et aux ennemis de Henri les secours spirituels, temporels et même militaires, Grégoire XIV employait les trésors amassés par Sixte-Quint à lever, en Suisse et dans le Milanez, dès le commencement de mai, une armée de neuf mille hommes, qui devait entrer en France. Si l’autorité exercée par le pape sur tous les ordres, mais principalement sur le clergé, les détachait de la cause du roi; si l’armée pontificale venait se joindre à la grande coalition des Ligueurs, des Lorrains, des Savoyards, des Espagnols, le pape, selon toute apparence, disposait alors plus littéralement du trône de France qu'il n’avait disposé des couronnes à aucune époque du moyen-àge. Le danger était immense.

Les Parlements avaient à sauver le parti du roi d’une

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