LIV. II. CH. III. DÉFENSE DE LA ROYAUTÉ DE HENRI
» Que lesdits monitoires, interdictions, suspensions et excommunications, sont nuls, tant en la forme qu’en la matière, injustes et suggérés par la malice des estrangers ennemis de la France, et qu'ils ne peuvent obliger ny nous, ny autres François catholiques estant en l’obéissance du roy.
Dont nous avons jugé estre de notre devoir et charge de vous advertir, comme par ces présentes (sans entendre rien diminuer de l'honneur et respect deu à nostre Saint Père), vous en advertissons, le signifions et déclarons, afin que les plus infirmes d’entre vous ne soient circonvenus, abusez ou divertiz de leur debvoir envers leur roy et leurs prélats, et pour lever en cela tout scrupule de conscience aux bons catholiques et fidèles François.
» Nous réservant de représenter et faire entendre à nostre Saint Père la justice de nostre cause et nos saintes intentions, et rendre Sa Sainteté satisfaite, de laquelle nous nous devons promettre la même réponse que fit le pape Alexandre à l’archevesque de Ravennes : « Nous porterons patiemment quand vous n’obéirez à ee qui » nous aura esté, par mauvaises impressions, suggéré et persuadé. »
» Cependant nous admonestons au nom de Dieu tous ceux qui font profession d’estre chrestiens, vrais catholiques et bons François, et pareillement ceux de nostre profession, de joindre leurs vœux et leurs prières aux nostres pour impétrer de sa divine bonté qu'il lui plaise illuminer le cœur de nostre roy, et le réunir à son Eglise catholique, apostolique et romaine, comme il nous en a donné espérance dès son avénement à la couronne, et promis par ses déclarations; et que nous soyons si heureux de voir l'Eglise catholique, apostolique et romaine, et ce royaume, fleurir comme auparavant par une bonne et sainte paix. » »
La plus grande publicité fut donnée à cette déclara— tion. Tous les curés et vicaires eurent ordre d’en faire afficher copie à La porte de leurs églises, et de la publier aux prônes !.
1 Pour ces paragraphes, depuis le 12 février voir dans les anciennes Lois françaises, t. xv, p. 19, 22-27, 31, 32, le texte d’une partie des bulles du 1° mars, en rectifiant la date erronée de 1590, et en y substituant 1591 ; le texte des deux édits du roi, de l'arrêt du parlement de Tours, de la déclaration du clergé de France. Voir dans les mémoires de la Ligue, t. IV, p. 369, 370, le texte de l'arrêt du parlement de Châlons. Voir en outre P. Cayet, 1. 11, p. 277 B, 278, 279, 289-293. — Lestoile, p. 56 À, 57.