‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 293 sur 636 · CELÈBRE DÉCLARATION DU CLERGÉ ASSEMBLÉ A CHARTRES · texte numérisé non relu

CELÈBRE DÉCLARATION DU CLERGÉ ASSEMBLÉ A CHARTRES

Après les Parlements dévoués à la cause nationale et à l'ordre, l’Eglise gallicane parla, et aucune voix n’osa s’élever cette fois contre ses décisions.

Les prélats des diverses provinces attachés au parti royal choisirent comme représentants et déléguèrent un certain nombre d’entre eux, cardinaux, évèques, abbés, membres des chapitres, pour répondre à l’appel contenu dans l’édit du roi, et prendre, au nom de l’Eglise de France, les décisions réclamées par les circonstances. Ces prélats s’assemblèrent d’abord à Mantes, ensuite à Chartres, et signèrent le 21 septembre une déclaration dans laquelle ils surent allier admirablement le respect filial des fidèles pour le chef de la religion, avec les sen— timents et les devoirs de Français. L'histoire doit fidèlement la reproduire pour l'instruction de tous les temps.

« Advyertis que nostre Saint Père le pape Grégoire XIV, à présent séant, mal informé de l’estat de ce royaume, auroit esté, par les pratiques et artifices des ennemis de cest Estat, persuadé d’envoyer quelques monitions, suspensions, interdits, excommunications, tant contre les prélats et ecclésiastiques, que contre les princes, nobles et peuples de France, qui ne vouloient adhérer à leur faction et rébellion.

» Après avoir conféré et meurement délibéré sur le fait de ladite bulle, avons reconnu par lautorité de l’Ecriture sainte, des saints décrets et conciles généraux, constitutions canoniques, exemples des saints Pères dont l'antiquité est pleine; droits et liberté de l'Eglise gallicune, desquels nos prédécesseurs évêques se sont toujours prévalus et deffendus contre pareilles entreprises; enfin par l'impossibilité de l’exécution de ladite bulle, pour les inconvénients infinis qui en ensuivroient au préjudice et ruine de nostre religion *;

1 Les évêques assemblés à Chartres comprennent que le plus sûr moyen de propager le calvinisme en France, de lui donner des adhéreuts nouveaux et plus nombreux, est de rendre le catholicisme odieux, en le faisant servir aux desseins ambitieux des étrangers, des Guises, princes lorrains, et de l'Espagnol Philippe IT. L'édit favorable aux protestants que le roi vient de rendre, poussé par la nécessité de se donner de nouveaux défenseurs, est un autre avertissement pour les prélats.

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