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CHAPITRE IV

Progrès de l'invasion étrangère. Conspiration des Seize et du clergé liqueur, pour renverser l'ordre public et livrer le royaume à Philippe IL. Formation du Tiers-parti. Le roi à la tête de l’armée étrangère, de troupes permanentes et réformées (février-novembre 1391.)

Mayenne et les autres princes lorrains, en se mettant dans la dépendance de Philippe IT pour la force militaire, concourent à l’envahissement de notre territoire. Progrès de l'invasion étrangère au nord de la France : garnisons espagnoles mises dans Paris, Meaux, La Fère, et route ouverte aux armées de Philippe IT, des Pays-Bas jusqu’au cœur du royaume. — Progrès de l’invasion savoyarde au midi de la Provence, Vaillante défense d’une partie de cette province et du Dauphiné par La Valette et par Lesdiguières : défaite des Savoyards à Esparon de Palières et à Pontcharra. — Progrès de l'invasion espagnole en Bretagne : Mercœur est forcé de livrer Blavet aux lieutenants de Philippe II, La Noue, opposé par le roi aux Ligueurs et aux Espagnols, est tué au siége de Lamballe, — Conspiration des Seize et du clergé ligueur à Paris pour renverser l’ordre public et pour établir la domination de Philippe IT. Excitation du peuple ; prédications furibondes contre les soi-disants Politiques et contre le roi. Requête et mémoires présentés par les Seize à Mayenne pour rétablir le conseil de l’Union, battre en brèche l’autorité du lieutenant-général, et exterminer les prétendus Poiitiques, c'est-à-dire tous les citoyens opposés à la domination espagnole. Refus de Mayenne : projet des Seize de renverser le duc par un mouvement insurrectionnel. — Lettre des Seize et du clergé ligueur offrant la couronne à Philippe Il, ou à sa fille et à un gendre de son choix. En l’absence de Mayenne, alors retenu à Laon par les soins de la guerre, les Seize arrêtent de commencer la ruine de la bourgeoisie par celle du Parlement, et pour attaquer ce corps prennent occasion du procès de Brigard. Proscription générale arrétée : le papier rouge. Établissement du Conseil des Dix, comité de salut public du temps. Assassinat du président Brisson, des conseillers Larcher et Tardif : suspension des assemblées du Parlement et du cours de la justice. Provocation à un soulèvement général : les Seize cherchent à persuader au peuple que les Politiques veulent lui couper la gorge, et lui offrent le pillage des maisons. Le peuple reste calme et froid : les chefs de la garnison espagnole craignent de prêter main forte aux Seize : le colonel Daubray et huit capitaines de la garde bourgeoise se préparent à résister, Réserve timide du gouverneur Belin, courage civil de tous les corps de l'État, Les Scize essaient d’établir un tribunal révolutionnaire sous le nom de CAambre ardente, et de composer un Parlement qui leur soit tout dévoué : ils échouent. — Mayenne à Paris : supplice et exil des chefs des Seize, destruction de leur conseil particulier, leur puissance détruite, l’ordre civil et social rétabli. Le nombre des Seize se réduit à quatre ou cinq mille, Mayenne forme le projet d’opposer les restes de cette faction à ses adversaires politiques. Il refuse à la bourgeoisie d’accabler à la fois les Seize et les Espagnols : la moitié de la Ligue française passe dès ce moment aux Politiques, — Formation du Tiers-parti au sein du parti royal : il

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