GARNISONS ESPAGNOLES DANS PARIS, MEAUX, LA FÈRE
se compose de deux princes du sang et de la portion des catholiques royaux qui supportent impatiemment les délais apportés par Henri à sa conversion : le but est de transférer la couronne du roi au cardinal de Bourbon : premiers actes de ce parti, — Henri espère étouffer le Tiers-parti, vaincre la Ligue, chasser l'Espagnol de France, avec l’armée régulière et permanente, composée d'étrangers et de protestants, dont il a ordonné la levée en Allemagne, et à laquelle se joignent les contingents de ses alliés. [1 réunit jusqu’à 30,000 hommes, et résout d'employer d’abord ces forces au siége de Rouen. Il ordonne au maréchal de Biron d'ouvrir le siége de cette ville le 11 novembre 159, se rend au camp le 24, et commence à prendre part lui-même aux opérations le 4er décembre.
Moitié par le consentement de Mayenne et du Parlement Brisson, que la tentative du roi sur Paris avait épouvantés, moitié par ruse, les ministres de Philippe Il introduisirent dans Paris te 12 février, une garnison de quatre mille Espagnols et Napolitains. A la même époque ils en placèrent une autre dans Meaux. Au mois d'avril, le Ligueur Colas, qui leur était vendu, tua en trahison le marquis de Maignelay, gouverneur de la Fèére, autre Ligueur, mais ennemi de la domination étrangère, s’assura le commandement de la place, et prépara tout pour la livrer aux lieutenants de Philippe IT, dans le cas où ils ne pourraient l'obtenir par une autre voie. Pendant le mois de décembre de cette année, le duc de Parme refusa de conduire une nouvelle armée au secours de la Ligue, jusqu’à ce qu’il eût arraché à Mayenne l'abandon de la Fère. Il promit, 1l est vrai, par écrit de la lui remettre à sa première réquisition ; mais 1l se Joua de cet engagement, comme on devait s’y attendre. À peine entré dans la ville, 1l y mit une forte garnison, et bâtit une c1tadelle pour tenir les habitants dans la sujétion. Aïnsi une route était frayée aux armées espagnoles depuis les frontières de la Flandre jusqu’ au centre du royaume; des étapes leur étaient préparées sur cette route; des villes fortes leur étaient livrées, à peu près de dix lieues en dix lieues, le tout par Mayenne et la Ligue. Mais ces honteuses concessions de leur part, ces progrès de l’ennemi,