‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 311 sur 636 · MAYENNE A PARIS : RÉPRESSION ET DIMINUTION DES SEIZE · texte numérisé non relu

MAYENNE A PARIS : RÉPRESSION ET DIMINUTION DES SEIZE

françaises, et de Vitry, homme de cœur et de résolution, qui le décida pour le parti de la vigueur. Diego d'Ibarra, lun desagents du roi d'Espagne, se jeta entre Mayenne et les Serze, et s’efforca de les couvrir et de les protéger, en vue de ce qu'ils avaient projeté, et de ce qu’ils pouvalent encore faire pour son maitre. Il échoua. Le duc comprit que c'était fait de son pouvoir et de la société tout ensemble, s’il n’accablait leurs communs ennemis. Après avoir armé la garde bourgeoise, qu'il mêla aux troupes qu’il avait amenées, après s'être concerté avec ses

chefs, et avoir pris les précautions que commandait la

prudence contre l'attaque éventuelle de la garnison espagnole, 1l frappa les coups décisifs (4 décembre). II fit saisir et pendre dans une salle basse du Louvre quatre des chefs des Seize. Il prononca également la peine de mort contre Launoy et Cromé, et les fit chercher partout; n'ayant pu s'emparer dl’eux, 1l les réduisit à s’exiler en

. Flandre. Enfin il jeta en prison une douzaine de factieux.

Il somma Bussy le Clerc de lui remettre la Bastille. Cet homme, qui avait annoncé qu’il se ferait enterrer sous les ruines de la citadelle pour défendre sa faction, vit à peine les canons en batterie au pare des Tournelles, qu’il capitula sous condition qu'il conserverait la vie et ses biens. Ce qu'il avait volé et ranconné aux prétendus Politiques et mauvais catholiques, depuis les barricades jusqu'au commencement de ce mois, montait à 600,000 fr. Mais à peine eut-il retiré ces richesses dans une maison voisine qu'elles devinrent la proie des soldats. Il s’en alla rejoindre en Flandre ses complices. Tous trainèrent leur coupable vie dans la misère et l’abjection, où les laissa Philippe IT qu'ils ne pouvaient plus servir. L’ambition se sert des plus vils instruments pour arriver à ses fins, mais elle les rejette dans la boue où elle les a pris, dès qu’ils cessent de lui être utiles.

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