IL RÉSOUT DE L'EMPLOYER AU SIÈGE DE ROUEN
dans les plaines de Vardy, près Vouziers, recevoir l’armée allemande que lui amenait Turenne et qui comptait 14,000 hommes (29 septembre). Dans un intervalle assez court, il joignit à ce corps principal 6,000 Anglais envoyés par Elisabeth à diverses fois, 6,000 Suisses en— gagés dès Lors à son service, et enfin les débris de quelques régiments français formant 4,000 hommes. Ces divers corps formaient un total de 30,000 soldats réguliers, et en grande majorité protestants. Henri était donc sûr d'échapper pour la prochaine campagne à l’irrégularité et à l’intermittence de service des gentilshommes et des troupes qu'ils amenaient. Il pouvait espérer d’opposer le zèle réformé de ses auxiliaires au zèle catholique des Ligueurs et des Espagnols, et de soustraire une partie considérable de l’armée au commandement fort peu sûr des grands seigneurs du parti royal. En effet, les étrangers obéissaient à des chefs particuliers, les Allemands au prince d’Anbhalt, les Anglais à Roger Willems !.
Il destina les forces considérables dont il disposait au siége de Rouen. La conquête de cette ville achevait la réduction de la Normandie, et mettait entièrement à sa disposition les ressources de ce riche pays. La chute d’une cité aussi importante devait produire un mouvement salutaire d’ébranlement dans la Ligue entière. Enfin Elisabeth demandait avec instance cette entreprise, pour fermer Rouen à l’occupation espagnole, et pour mettre les côtes d'Angleterre à l’abri des attaques de Philippe IL et des tentatives d’une nouvelle Armada.
La conquête de Rouen et la soumission entière de la Normandie devaient servir au roi de point de départ pour
p. 437, 478 pour la vente de 300,000 écus du domaine de la couronne de France en Normandie, et de 6,000 livres de rente.
1 Lettres missives des 3 et 21 octobre 1591, t. 111, p. 493, 503, 504. — D'Aubigné, 1. u1, c. 13, p. 257, 258. — P. Cayet, |. 111, p. 307, 308.