‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 319 sur 636 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Convention honteuse consentie avec les Espagnols par Mayenne. Siège de Rouen ; querre à la suite de ce siége. Le roi trahi de nouveau par son parti, et tous ses desseins ruinés. Situation des provinces (1er décembre 1591 et année 1392).

Mayenne hors d'état de s’opposer au siége de Rouen, demande une armée à Philippe IT : pour l’obtenir il consent une convention aux termes de laquelle il s’engage à faire reconnaître par des Etats-généraux la fille de Philippe pour reine souveraine et propriétaire du royaume de France : conséquences de ce pacte honteux. — Siége de Rouen. soutenu par Villars. Le roi est contraint par la crainte d’une grande défectien dans son parti, de laisser le commandement de Parmée au maréchal de Biron : il espère remédier par son action personnelle et par l’augmentation de son armée à ce que le maréchal pourra tenter de contraire à l’intérêi public. Ambition de Biron : son plan dans la conduite des opérations du siége de Rouen : il résout d'employer en pure perte les forces du -roi : ses fautes calculées au commencement du siége., Du 1°r décembre 1591 au 45 janvier 1599, le roi fait des efforts inouïs pour s'emparer du fort Sainte-Catherine : il enlève une partie des ouvrages avancés de la place, et après l’arrivée de la noblesse porte le nombre de ses troupes à 35,000 soldats. — Les ducs de Parme et de Mayenne amenent en France une armée de 23,000 hommes pour lui faire lever le siége de Rouen. Le 20 janvier 1599, il laisse à Biron la conduite du siége avec l’infanterie et l’artillerie, espérant que le soin de sa réputation l’obligera à diriger l’entreprise avec fidélité et habileté. Il prend la cavalerie, et marche audevant des dues. La rencontre d’Aumale où il s'expose imprudemment et reçoit une blessure, est couverte bientôt par d'importants avantages remportés sur l’ennemi. Du 20 janvier au 17 février, pendant un mois, il tient en échec l'armée hispano-ligueuse, lui barre le chemin de Rouen, donne à Biron et au gros de l’armée tout le temps pour s'emparer du fort Sainte-Catherine et de la ville. Biron, après des opérations qui n’ont rien de décisif, essuie un sanglant revers à la grande sortie opérée par Villars, le 24 février : les travaux et les progrès faits au siége par les royaux sont entièrement perdus. Le roi, de retour au camp, répare le désastre du maréchal, et amène les choses au point que Rouen ne peut plus tenir que huit jours. Le départ subit de la noblesse, survenant après les pertes essuyées pendant un siége de cinq mois, réduit tout à coup l’armée royale, de manière qu’elle soit hors d’état d’affronter celle des ducs. Henri lève le siége. — Apres la délivrance de Rouen, les ducs prennent Caudebec-: le duc de Parme est dangereusement blessé au siége de cette place. Les deux ducs se transportent à Yvetot, pour réduire le pays jusqu'à la mer. Admirable combinaison du roi. Après avoir reformé son armée, et l'avoir portée à 23,000 hommes, il attaque celle des ducs, lui fait éprouver cinq échecs successifs près d’Yvetot, et trouve à Ranson l’occasion de la vaincre et de la détruire. Le maréchal de Biron la lui enlève : mot du baron de Biron sur la trahison de son père. Passage de la Seine par Farnèse : seconde trahison dans le camp du roi. Retraite de Farnèse et son retour dans les Pays-Bas. Tous les

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