‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 320 sur 636 · LIV. 11. CH: V. MAYENNE DEMANDE UNE ARMÉE À PHILIPPE II · texte numérisé non relu

LIV. 11. CH: V. MAYENNE DEMANDE UNE ARMÉE À PHILIPPE II

desseins du roi sont ruinés : la Ligue reste debout, l'Espagnol cantonné dans le royaume, et chaque jour plus menaçant — Evénements divers dans les provinces qui aggravent encore la situation: en Bretagne après la défaite des royaux à Craon, sur la marche de cette province, en Languedoc, en Guyenne, en Provence, en Dauphiné. Progrès partout des Espagnols.

1592. Le siége de Rouen fournit à Philippe IT l’occasion d'avancer, par les négociations et les traités, son projet d’asservir le royaume. Son ardente ambition ne âchait pas prise un instant. N'ayant pu avec le concours des Seize s'emparer de Paris et faire proclamer sa royauté, ou celle de l’infante sa fille, ce qui était la même chose, 1l résolut d’arracher aux nécessités de Mayenne cette concession décisive. Le duc manquait des forces et de l'argent nécessaires pour secourir Rouen contre les attaques du roi : Philippe IT les lui refusa et lui tint le couteau sur la gorge, jusqu'à ce qu'il eût consenti son déshonneur et le prélude de l’asservissement de la France. Dans les conférences de la Fère et de Lihons-Saintot, qui se tinrent entre le 10 et le 18 janvier 1592, le due de Parme stipulant au nom du roi d'Espagne et Mayenne arrêtèrent les conventions suivantes, qui pour être con— verties en traité n’attendirent plus que la ratification de Philippe Il. Mayenne recevait quatre millions d’écus par an et l’armée espagnole qui lui permettaient de combattre Henri : 1l recevait en outre la promesse d’un grand établissement pour lui, pour ses parents, pour les chefs de son parti. En échange, 1l promettait en son nom, au nom des princes de sa maison et des grands seigneurs de la Ligue, que l’infante Isabelle, Claire-Eugénie, serait reconnue reine souveraine et propriétaire du royaume de France ; que les Etats-généraux convoqués à cet effet proelameraient son droit et lui déféreraient le trône ‘. Il est vrai

1 Dépêches de Diégo d'Ibarra au roi d’Espagne des 12, 14, 18 janvier 1592. — Dépêche du due de Parme au roi d’Espagne du 18 jan-

vier 1592, — Mémoires de la Ligue, t. v, p. 56-70. — Mémoires et correspondance de Duplessis, t. V, p. 137-147. « On lui dit la particularité

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