LIV. II. CH. V. REVERS D£Ë BIRON AU SIÉGE RÉPARÉS PAR LE ROI
comte de Chaligny, tua ou dispersa tout ce qui s’y rencontrait, et fit un butin immense (17 février).
Depuis un mois, Henri tenait les deux ducs en échec, leur barrait le chemin, couvrait Rouen, donriait les moyens à Biron et à son infanterie d’en poursuivre et d'en achever le siége. Grâce à ses talents et à son intrépidité, 1l était donc arrivé au siége de Rouen l’opposé de ce que l’on avait vu se produire au blocus de Paris. Mais pour que la ville attaquée fût réduite, 1l fallait de toute nécessité que les opérations du siége fussent habilement et vigoureusement conduites, et elles le furent -aussi mal que possible. Pendant tout ce grand mois, le vieux maréchal de Biron ne fit aucun progrès décisif, et à la fin du mois, en l'absence du roi, il essuya un revers terrible. Son incurie laissa Villars, le 24 février, faire une sortie générale. L'armée royale perdit huit cents hommes, ses provisions de poudre, une partie de son artillerie trainée en triomphe par l'ennemi : Biron fut blessé à la cuisse, les plus braves capitaines tués sur place, les tranchées comblées, les mines éventées, l’entreprise ramenée au point où elle était le premier jour du siége.
Vainement le roi de retour au camp, répara cette faute. énorme; vainement il concentra les divers corps de son armée, ranima leur courage, opposa aux ducs une force tellement supérieure, que ne pouvant faire lever le siège sans en venir aux mains, et n’osant livrer bataille, 1ls se retirèrent sur la Somme. fuutilement encore, Henri, après avoir reçu de la flotte hollandaise des canons et des munitions, rétablit les tranchées, éleva des forts, ren— versa une partie des murailles de Rouen, vainquit les assiégés dans une sanglante sortie près de la porte Cau— choise, réduisit Villars à de telles extrémités, qu’il écrivit aux ducs que s’il n’était pas secouru dans huit jours 1l