LE ROI MARCHE CONTRE L'ARMÉE HISPANO LIGUEUSE. AUMALE
comptait 6,000 hommes, quitta le camp de Rouen avec elle le 20 janvier, et s’avança au-devant de l’armée hispano-ligueuse !.
Les différends de Farnèse et de Mayenne étant accommodés par les honteuses concessions que le dernier avait faites à l'Espagne, les deux ducs avaient joint leurs forces ensemble, et en suivant la route de la Fère et de Péronne, étaient arrivés à la frontière de la Picardie et de la Normandie, avec le dessein de secourir Rouen. Le roi résolut d’aller les reconnaître, de tout tenter pour attirer leur cavalerie, seule et séparée de leur infanterie, à un combat où il pouvait se promettre une victoire à peu près certaine; dans tous les cas, de harceler leur armée à chaque pas, et de leur disputer le terrain pied à pied. Ayant laissé le gros de la cavalerie à Neufchâtel, il poussa une reconnaissance jusqu'à Aumale avec quelques centaines d'hommes d'élite. Dans cette rencontre où il fit plus les fonctions de maréchal de camp que de général et de roi, et qu’il appelait lui-même l'erreur d’Aumale, il courut d’extrèmes dangers, et fut blessé aux reins d’un coup d’arquebuse (5 février). Mais 1l rejoignit son gros corps de cavalerie, et invincible à la douleur comme à la fatigue, 1l poursuivit son dessein, dont les événements se chargèrent de montrer l'intelligence et la sagesse. Après la prise de Neufchâtel, les ducs, poursuivant leur marche vers Rouen, s'étaient avancés jusqu’au bourg de Bure. Henri, campé à Buchy, à cinq lieues nordest de Rouen, attaqua et surprit les deux quartiers de Mayenne et du duc d’Aumale, du duc de Guise et du
1 Sully, Œcon. roy., c. 33, p. 90 A, 91 B, 92. — D’Aubigné, L. In, C. 13, p. 259, 260. — P. Cayet, 1. IV, p. 359, 360. — Tauanus, IL. CI, sub fin. — D’après les lettres missives, t. 111, p. 549, 553, 555, Henri s’avance jusqu’à Gisors, le 15 janvier ; il en revient et campe à Darnetal, devant Rouen, le 19 ; il en est parti le 21, et séjourne alors à Sommereuil, en Picardie.