LIV. II. CH. V. COMBINAISON DE HENRI. IL REFORME SON ARMÉE
quand cette ville pourrait communiquer librement avec le Havre, recevoir des provisions par le cours de la Seine, et rétablir son commerce. Pour obtenir ce résultat, les ducs avaient à prendre Caudebec occupé par l’armée royale. La prise de cette place, importante par sa situation et par l’amas de vivres et de munitions que le roi y avait formé, était un complément nécessaire de la levée du siége de Rouen. Farnèse et Mayenne se laissèrent prendre à cet appât, et après trois journées seulement de séjour à Rouen, 1ls portèrent leurs forces sur Caudebec dont ils s'emparèrent. A ce siége, Farnèse recut un coup d’arquebuse, et fut dangereusement blessé au bras en deux endroits. De Caudebecils se transportèrent à Yvetot, pour réduire le pays jusqu’à la mer et chercher des vivres. C'était à cette démarche que Ilenri les attendait. Quand il les vit enfoncés dans la Normandie, 1l résolut de les y enfermer et de les exterminer, tournant contre eux, par une combinaison de génie, leur succès d’un moment et la levée du siége de Rouen. Avant de se séparer de sa noblesse, 1l avait tiré d’elle la promesse de venir le Joindre au premier appel. Cet appel, il le fit; les gentilshommes y répondirent, les garnisons des places voisines y accoururent, et en quelques jours il réunit 23,000 hommes, parmi foie 6,000 cavaliers, forces très supérieures à celles de L'éhheti qu'il attaqua aussitôt.
Assailli par l’armée improvisée que son adversaire avait su rassembler, le due de Parme disait « que le rot » faisoit la guerre en aigle. » Il put se convaincre bientôt qu’il la faisait aussi en lion. En effet, Henri, du 28 avril au 10 mai, livra aux environs d’Yvetot cinq combats, dans lesquels les ducs essuyèrent des échecs successifs et très rudes. De plus, 1l les réduisit à une telle disette de vivres et de provisions, que dans leur camp le pain se vendit dix sous la livre, le vin trente sous la pinte, l’eau