‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 336 sur 636 · LIV. II. CH. V, DÉFA.TE DES ROYAUX A CRAON · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. V, DÉFA.TE DES ROYAUX A CRAON

seil suivi aurait donné la victoire : il fut repoussé. Plus tard, quand les Ligueurs et les Espagnols eurent réuni toutes leurs troupes, et engagé l’action avec l'avantage du champ de bataille et des premières charges, Lestelle voüulut qu’on soutint l’attaque avec vigueur, au moins Jusqu’à la nuit, parce que la retraite en plein Jour devant l'ennemi, honteuse et décourageante pour le soldat, ne pouvait être qu’une désastreuse débandade : son avis fut encore rejeté. Les royaux furent atteints et défaits dans leur retraite : ils eurent à regretter un nombre considérable de braves soldats et de capitaines expérimentés, les uns tués, les autres faits prisonniers, 1ls perdirent leurs enseignes, toute leur artilierie (23 mai 1592). Mercœur et les Espagnols s’emparèrent de Châteaugontier en An-— jou, de Laval dans le Maine. Châteaugontier fut rendu à Boisdauphin, qui avait contribué à la victoire des confédérés. Il joignit cette ville à celle de Sablé, et y commanda pour la Ligue jusqu’à 1595. La défaite de Craôn affaiblit beaucoup Île parti du roi dans le Maine et l’Anjou, et laissa pour quelque temps le champ pleinement libre aux progrès des ennemis en Bretagne. La journée de Craon profita bien moins à Mercœur et à la Ligue qu’à Philippe IE, Son pouvoir s’affermit et s’étendit en Bretagne. Les Espagnols et leur chef, don Juan d’Aquila, ne tardèrent pas à dominer d’une manière absolue, non-seulement dans Blavet, qui leur avait été abandonné, et dans le fort de Crozon qu'ils construisirent près de Brest, mais aussi dans plusieurs villes dont ils gagnèrent les gouverneurs, telles que Douarnenez et Vannes !. De plus, Philippe trouva

1 Mémoires de M" Duplessis, t. 1, p.244, «Le duc de Mercœur feit » quelque mine d'entendre à une paix avec le roy. Il estoit en défiance » du secours que le roy d’'Espaigne luy envoyoit plus souvent et plus » grand qu'il ne vouloit. Mais il n’osa offenser l'ambassadeur d'Espai- » gne, qui soudain lui praticqua les principaux du clergé pour luy en » faire remontrance. » — Thuanus, 1. cuir, &S 14, 45, et 1. exit, $ 43,

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