‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 335 sur 636 · PROGRES DES ESPAGNOLS EN BRETAGNE · texte numérisé non relu

PROGRES DES ESPAGNOLS EN BRETAGNE

la sollicitude et les justes craintes du roi. Pour arrêter les progrès de Philippe IT en Bretagne, il traça un plan plein de sagesse, en liant ce projet à l’état et aux besoins des pays voisins. Depuis la réduction presque entière du Maine et de l’Anjou sous la domination royale en 1590, la ville de Craon, située dans la Marche d'Anjou, aux confins de la Bretagne, était devenue la capitale et le centre des opérations de la ligue angevine. Tous les ligueurs de l’Anjou et du Maine s’y étaient réfugiés, et ils partaient de ce point pour répandre la dévastation dans les deux provinces. De plus, Craon avait été transformé en avant-poste, qui couvrait la partie de la Bretagne insurgée, Mercœur et les Espagnols. Le roi ordonna au prince de Conti, son lieutenant-général, de rassembler le plus de troupes qu’il pourrait, et au prince de Dombes de lui amener toutes celles dont 1l disposait en Bretagne, français, anglais et allemands auxiliaires. Les deux corps d'armée devaient attaquer Craon de concert, et après avoir pris cette place, délivré le Maine et l’Anjou de ravages, se porter ensuite contre Mercœur et les Espagnols en Bretagne. Dans cette excellente combinaison, les forces royales réunies et concentrées pour les deux entreprises, ne laissant rien derrière elles qui püt les inquiéter et faire diversion, commandées par deux princes du sang, et par les plus ME gentilshommes de trois provinces, trouvaient des chances presque assurées de réussite. Les ordres de Henri furent suivis pour la jonction des troupes, mais l’exécution fut déplorable. Les royaux ayant mis le siége devant Craon, Mercœur et les Espagnols s’avancèrent pour le faire lever. De Lestelle, l’un des chefs royalistes, qui ce jour-là se montra un grand homme de guerre, proposa d'attaquer les confédérés, au moment où la moitié de leur armée avait passé l’Oudon, tandis que le reste était encore arrêté au - delà de la rivière. Ce con-

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