LIV. II. CH. V. PROGRÈS DE L’ENNEMI EN PROVENCE, EN DAUPHINÉ
ron !, et par les secours que Lesdiguières y amena de Dauphiné au commencement de l’année. Dans la partie méridionale, le duc de Savoie, ayant rompu avec la comtesse de Sault, avait été chassé de Marseille l’année pré— cédente, et cette année il perdit toute autorité dans Aix. Mais 1l conservait Berre et Grasse, et dans sa conquête momentanée d'Antibes, qui eut lieu le 7 août, 1l fit un butin immense qui épuisait le pays et le laissait sans défense. De plus, le roi d'Espagne, bien plus redoutable à la France, hérita de presque tout ce qui échappait à son gendre. En effet, Marseille étant tombée au pouvoir des deux tyrans Casaulx et Louis d'Aix, Philippe IT en fit ce que Bussy le Clerc et les chefs des Seize avaient été à Paris, les agents de ses desseins, les promoteurs de son usurpation. De plus, il envoya une flotte dans le port de Marseille pour préparer les voies à sa conquête ?.
En Dauphiné, durant l’absence de Lesdiguières , alors occupé en Provence, la trahison du gouverneur royal Maugiron livra Vienne, la seconde ville de la province, au duc de Nemours, gouverneur pour la Ligue du Lyonnais (10 juillet). L’ambitieux Nemours, presque aussi hostile à Mayenne qu’à Henri, voulait rétablir à son profit l’ancien royaume d’Arles, en détachant le Lyonnais et le Dauphiné du corps de la monarchie. Mais l’armée du duc de Savoie, avec laquelle il exécuta cette entreprise, était presque entièrement composée d’Espagnols et d’Ia— liens du Milanez, sujets de Philippe IT 5. Là donc, comme
1 Le parlement royaliste de Provence retourna la même année, et quelque temps après, à Manosque.
2 Lettres missives des 3 décembre 1591 et 27 février 1599, t. 111, p. 513, 572, 573. — P. Cayet, 1. 1v, p. 381, 382. — Thuanus, 1. ci, “ee Cayet, L 1V, p. 379 B. « Le duc de Savoie fist assembler ses » troupes auprès du lac du Bourget, où se trouvèrent sept à huit
» mille Espagnols, Savoyards, Italiens, lesquels, sous la conduite du » comte Olivarès, se rendirent tous à Lyon. »